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Blocs forés hydrauliques - Mecabor : le retour en force !

Une nouvelle ligne de production 24h/24 entièrement automatisée, un programme de formation adapté, de nouvelles embauches, une diversification vers de nouveaux marchés… Le tout avec le soutien sans faille de son nouvel propriétaire. Cette fois-ci, c’est sûr : Mecabor revient sur le devant de la scène.

Plus de cinq millions d’euros d’investissements ! Le groupe auquel est rattaché Mecabor a visiblement décidé de ne pas lésiner quant aux moyens à mettre en œuvre pour permettre à sa filiale de retrouver sa place parmi les plus importants fabricants de blocs forés hydrauliques. De fait, beaucoup de choses ont évolué depuis l’intégration, début 2016, de la société vendéenne au sein de Lorinvest-Walor, groupe industriel familial de plus de 600 personnes, particulièrement actif dans les domaines de l’usinage et du décolletage (voir Fluides & Transmissions n° 176).

Polyvalence
« Depuis la reprise, les synergies jouent à plein et Mecabor renoue avec le succès », se réjouit Stéphane Jousse, directeur commercial. Conscients des potentialités de développement d’une entreprise riche d’une expérience accumulée depuis plus de quarante ans, les nouveaux dirigeants ont rapidement décidé de lancer un plan d’investissements particulièrement ambitieux.  « Le pari n’était pas évident car Mecabor est connu pour être à la fois un généraliste et un spécialiste du bloc foré », analyse Stéphane Jousse. L’entreprise vendéenne dispose des moyens de fabriquer en série tout en ayant la capacité de prendre en charge la réalisation de pièces unitaires sur-mesure à partir des schémas hydrauliques fournis par ses clients. Les matériaux utilisés et les dimensions des blocs se distinguent également par leur grande diversité. Un bloc Mecabor peut ainsi être réalisé en fonte, en acier, en aluminium ou en inox, peser de 100 grammes à 5 tonnes et mesurer jusqu’à 3 mètres de longueur. En outre, les quelque 10.000 outils spécifiques développés par l’entreprise depuis sa création lui permettent d’usiner la totalité des cavités et de répondre aux exigences des fabricants de composants en cartouches en termes de polyvalence… D’où la nécessité de doter l’entreprise de machines suffisamment flexibles pour pouvoir gérer, de façon rapide et rentable, tant la fabrication en série que la réalisation de pièces unitaires. 

Un bloc Mecabor peut être réalisé en fonte, en acier, en aluminium ou en inox, peser de 100 grammes à 5 tonnes et mesurer jusqu’à 3 mètres de longueur.
© Mécabor

« Unique en Europe »
Avec la nouvelle ligne de production qui vient d’être implantée au sein de l’usine de Pouzauges, les responsables de Mecabor entendent bien relever le défi. Quelque 5 millions d’euros ont ainsi été consacrés à l’acquisition de deux machines 4 axes et d’une machine 5 axes, aux termes d’une commande passée en juillet 2016 auprès de l’entreprise japonaise DMG Mori. Le poids des nouveaux équipements – plus de 35 tonnes pour la seule machine 5 axes – a  nécessité la réalisation de nouvelles fondations d’une profondeur de 80 cm sur une zone spécialement dédiée, isolée du reste de l’usine afin d’assurer la parfaite rigidité de l’ensemble. Gage de haute précision au niveau de la broche, cette implantation particulière se révèle indispensable pour la fabrication de pièces avec une tolérance au 1/100ème entièrement conformes aux exigences des clients. Les nouvelles machines sont couplées à un système de chargement automatique conçu par la firme autrichienne MAM-Maschinen GmbH et comprenant un magasin de 36 palettes sur deux niveaux et trois magasins d’une capacité unitaire de 650 outils à poste. Ces magasins sont reliés par un système de partage robotisé qui leur permet de communiquer entre eux et d’assurer une parfaite interchangeabilité des outils en fonction des besoins de la fabrication, sachant que le temps de changement d’outil est limité à moins de deux secondes. Chaque outil est doté d’une puce électronique permettant à la machine de connaître sa situation et de lancer les différentes fabrications en fonction des outils en cours d’utilisation. Un gain de temps appréciable est ainsi enregistré au moment du passage d’une fabrication à une autre. Ce système « intelligent » fournit également des données précieuses quant au nombre d’heures travaillées et au degré d’usure de chaque outil, rendant ainsi possible la mise en œuvre d’une maintenance préventive. Prévu pour être pleinement opérationnel dès le mois d’octobre, le nouvel équipement – « unique en Europe », affirme Stéphane Jousse – a été conçu de manière à travailler 24h/24, 7j/7 afin d’assurer sa rentabilité.

« Culture automobile »
« Grâce aux nouvelles machines, notre productivité s’accroît d’environ 30%. Nous pouvons fabriquer plus rapidement et moins cher en garantissant une régularité parfaite de la qualité », se félicite Stéphane Jousse. Mecabor accroît ses performances, tant sur les séries qu’en ce qui concerne les pièces unitaires dont certaines peuvent devenir récurrentes. Dans ce cas, une fois amortis les frais d’industrialisation, le prix peut être divisé par trois pour le client en cas de nouvelles commandes, avec possibilité de livraison dans la semaine. Le service Méthodes de l’entreprise s’est étoffé concomitamment à l’arrivée des nouvelles machines et emploie maintenant cinq programmeurs formés à l’utilisation du logiciel de FAO Hypermil. En outre, des passerelles vont être jetées entre le bureau d’études de l’entreprise et la fabrication et devraient se traduire par un gain de temps notable dans le process. « Suite à son intégration dans le groupe Lorinvest-Walor, une véritable ‘’culture automobile’’ a été transposée chez Mecabor où l’on raisonne maintenant en ‘’temps homme’’ et en ‘’temps machine’’, tout en maintenant un haut niveau de qualité », explique Stéphane Jousse. Et comme rien ne se perd, les machines remplacées par la nouvelle ligne de production ont été implantées au sein de l’usine bulgare de l’entreprise, dévolue à la fabrication de blocs Cetop. La production de blocs standard, à l’origine de 12 à 15% du chiffre d’affaires de Mecabor, est amenée à passer de 24.000 à pièces/an actuellement à 35 à 40.000 pièces/an dans un proche avenir.

Nouveaux marchés
Une fois confortés ses marchés traditionnels dans les systèmes hydrauliques stationnaires (presses, machines-outils, sidérurgie, machines spéciales…) et mobiles (machinisme agricole, levage, engins de travaux publics et miniers, ferroviaire, recherche pétrolière…), Mecabor entend aborder de nouveaux domaines d’applications tels que les énergies renouvelables (éolien) et les poids lourds. Par ailleurs, d’autres types de fluides (eau, hydrocarbures…) pourraient transiter à l’avenir à l’intérieur de ses blocs. 

L’accroissement de compétitivité généré par les nouveaux moyens de production devrait également lui permettre de poursuivre son développement à l’exportation. Les marchés étrangers sont déjà à l’origine de 70 % du chiffre d’affaires de l’entreprise vendéenne, dont plus des deux tiers réalisés sur le marché allemand. Depuis un an, huit nouvelles embauches sont venues renforcer l’effectif de Mecabor qui atteint maintenant 49 personnes. Quant au chiffre d’affaires, il devrait passer de 4,5 millions d’euros en 2017 à 6 millions d’euros l’année prochaine, avant de prendre un rythme de croisière de + 10 à 15% par an à l’avenir. Pour y arriver, les dirigeants de Mecabor réfléchissent déjà à de futurs investissements. Une nouvelle ligne de fabrication similaire à la première devrait ainsi faire l’objet d’une commande dès l’année prochaine… et permettre notamment l’usinage et la manutention de blocs d’un poids supérieur à 10 tonnes !  

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