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Blocs forés hydrauliques : un nouveau départ pour Mecabor

Son intégration au sein du groupe industriel Lorinvest est synonyme de renouveau pour Mecabor. Riche de 40 ans d’expérience dans le domaine du bloc foré hydraulique, la société vendéenne entend faire jouer à plein les synergies avec sa nouvelle maison-mère et les filiales de cette dernière, parmi lesquelles l’entreprise Walor International, spécialiste de l’usinage et du décolletage. Un ambitieux programme d’investissements est d’ores et déjà lancé qui vise à optimiser ses procédés et accroître sa productivité. But de l’opération : atteindre un rythme de croissance annuelle de 10 à 15% dès 2018.

 « Produire plus, avec la même qualité et à un moindre coût ». La feuille de route tracée par les nouveaux actionnaires de Mecabor a le mérite de la clarté. Pour autant, ces derniers jugent l’exercice parfaitement réalisable du fait de la notoriété acquise de longue date par l’entreprise dans son domaine de prédilection : le bloc foré hydraulique. « Mecabor jouit toujours d’une excellente réputation auprès de ses clients et peut capitaliser sur l’expérience accumulée au cours de ses 40 années d’existence », constate Stéphane Jousse, nouveau directeur commercial.

Synergies
Fragilisé par un important passif et placé en liquidation judiciaire début 2016, Mecabor et 35 de ses salariés (sur un effectif total de 69 personnes) viennent d’être repris par le groupe familial Lorinvest, séduit par le potentiel que représente l’entreprise vendéenne et les possibilités offertes par son intégration au sein d’un groupe très actif dans le domaine industriel. De fait, le holding 100% familial dirigé par Eric Lorin chapeaute notamment Walor International, entreprise de 450 personnes réalisant un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros dans les domaines de l’usinage et du décolletage. Walor dispose de trois sites en France et deux autres en Roumanie et au Mexique à partir desquels elle fabrique des pièces techniques, notamment des déclencheurs d’airbag, principalement destinées au secteur automobile (constructeurs et équipementiers). « Walor est leader européen dans son domaine et consacre en moyenne 7 millions d’euros à de nouveaux investissements chaque année afin de conserver et accroitre son avantage compétitif », précise Stéphane Jousse. Avec Mecabor, Walor n’en est pas à sa première expérience de croissance externe puisqu’au cours de ces dix dernières années, elle avait déjà procédé à la reprise des sociétés ITV et AFH, spécialisées respectivement dans les pièces d’usinage pour l’aéronautique et les fabrications destinées au secteur mobile (TP, machinisme agricole…). A cet ensemble s’ajoute une participation dans la société Rabourdin, fabricant d’éléments standard et spéciaux pour les machines de découpe, emboutissage, moules et outillages, ainsi que dans la visserie aéronautique. « Les synergies entre Lorinvest et sa nouvelle filiale sont évidentes, constate Stéphane Jousse. Le groupe se réjouit de l’apport d’un savoir-faire historique dans le bloc foré. Mecabor, de son côté, va bénéficier de l’expérience acquise au fil des années par Walor dans le domaine  de la gestion industrielle en général et de l’usinage en particulier ». 

© Mecabor
© Mecabor

Ci-dessus  : Particulièrement bien implantés dans les domaines des travaux publics, du machinisme agricole, des engins miniers et des grosses presses industrielles, les produits Mecabor peuvent légitimement nourrir de bons espoirs dans des secteurs tels que l’énergie éolienne ou les poids lourds, par exemple

Investissements
Une expérience qui a permis de dresser rapidement un état des lieux et de décider des mesures à prendre, notamment en termes de nouveaux investissements. C’est ainsi que quatre nouvelles machines viendront se substituer d’ici la fin de l’année aux centres d’usinage actuellement en service au sein de l’usine de Pouzauges de Mecabor. L’atelier va donc être réorganisé afin d’accueillir une machine cinq axes équipée d’un portique  permettant de manutentionner des blocs pesant jusqu’à dix tonnes, ainsi que trois centres d’usinage horizontaux dotés de systèmes de palettisation (capacité : 30 palettes) et desservis par un magasin automatique commun riche de 3.000 outils.  « La qualité coûte cher mais elle doit perdurer, affirme Séverine Lefebvre, directrice du site de Pouzauges. Cette installation représente un important effort en termes d’investissement, de l’ordre de 3,5 à 4 millions d’euros. Elle sera unique en son genre car conçue pour répondre en tous points aux besoins spécifiques de Mecabor », se réjouit-elle. Une fois installées et le personnel formé à leur utilisation, les nouvelles machines devraient être opérationnelles dès février 2017 et permettre d’optimiser les temps de réglage et de multiplier par deux ou trois une capacité de fabrication qui s’élève déjà à environ 80.000 blocs forés par an ! Enfin, Mecabor va se doter d’un outil logiciel puissant lui permettant de réaliser des devis complexes sous 48 heures maximum, et même beaucoup moins si le client lui fournit un plan en 3D. Dans ce contexte, les responsables de l’entreprise se félicitent de la « volonté » et du « dynamisme » dont font preuve les collaborateurs de l’usine de Pouzauges qui ont tous adhéré au projet visant à restaurer la compétitivité de l’entreprise. « Le savoir-faire des salariés de Mecabor, dont certains sont fidèles à la société depuis plusieurs décennies, constituera un atout précieux pour atteindre nos objectifs », observe Stéphane Jousse. Un vaste programme de formation sera notamment lancé en vue de renforcer et développer ces compétences.  

Nouveaux débouchés
Un important travail va également être mené au niveau commercial. Stéphane Jousse a déjà pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des clients. Rassuré par la bonne réputation dont bénéficie l’entreprise auprès de ces derniers qui plébiscitent « la qualité des produits, la pertinence des conseils techniques et le respect des délais de fabrication et de livraison », le directeur commercial de Mecabor n’en est pas moins conscient de la nécessité de les conforter quant sa pérennité. A cet égard, « l’adossement de la société vendéenne à un groupe industriel et familial français est plutôt de nature à les rassurer », constate-t-il. Un certain nombre de clients sont d’ailleurs communs à Walor et à Mecabor et, là aussi, les synergies vont pouvoir jouer afin de renforcer les positions respectives des deux entreprises. Outre les clients actuels, les nouveaux dirigeants de Mecabor ambitionnent de prendre pied dans de nouveaux secteurs d’activité. Particulièrement bien implantés dans les domaines des travaux publics, du machinisme agricole, des engins miniers et des grosses presses industrielles, les produits Mecabor peuvent légitimement nourrir de bons espoirs dans des secteurs tels que l’énergie éolienne ou les poids lourds, par exemple. A plus long terme, l’entreprise pourrait s’ouvrir à d’autres domaines au-delà de l’hydraulique stricto sensu, les blocs Mecabor étant susceptibles de véhiculer d’autres types de fluides. Une diversification qui leur ouvrirait de nouveaux débouchés, dans le marché pétrolier notamment… Les efforts de prospection concerneront également les marchés exports, à l’origine de 70% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Et notamment l’Allemagne, qui compte pour une bonne moitié de ce montant, où sont notamment livrés des blocs forés très spécifiques et de grandes dimensions (jusqu’à 5 tonnes).

© Mecabor
Mecabor, qui dispose de capacités d’études et de conception lui permettant de travailler tant sur plans que sur schémas, fabrique principalement à la demande des petites séries destinées à des projets spécifiques. © Mecabor

Optimisation
L’entreprise, qui dispose de capacités d’études et de conception lui permettant de travailler tant sur plans que sur schémas, fabrique principalement à la demande des petites séries destinées à des projets spécifiques. Et cela, qu’il s’agisse, par exemple, d’une presse industrielle de 35 mètres de hauteur dotée de pistons de 1,5 mètre de diamètre (fourniture de blocs forés de 2 tonnes), de presses de fabrication de carrelages en céramique, d’équipements embarqués à bord des sous-marins de la DCNS, de blocs destinés à la fermeture du nouveau sarcophage de la centrale nucléaire de Tchernobyl ou encore des systèmes d’élévation de la scène de la nouvelle implantation du Puy du Fou en Grande-Bretagne... pour ne citer que quelques cas particulièrement représentatifs parmi les nombreuses applications industrielles dont l’entreprise peut se targuer. Les blocs « catalogue » (Cetop) - dont la moitié est fabriquée par l’usine bulgare de l’entreprise avant de revenir à Pouzauges pour faire l’objet de contrôles avant expédition - ne génèrent encore que 10% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette proportion devrait s’accroître à l’avenir et les nouveaux investissements y contribueront de façon notable en optimisant les processus et en diminuant sensiblement les coûts de production. L’arrivée de la nouvelle machine 5 axes permettra également à Mecabor de renforcer ses positions dans le domaine des blocs spécifiques, ne serait-ce que par les importantes économies qu’elle va permettre de générer au niveau des opérations de perçages, par exemple. Forte de ces différents atouts, la nouvelle Mecabor affiche clairement ses ambitions. « Le chiffre d’affaires de Mecabor N.C. (pour « New Company ») devrait passer de 5 millions d’euros actuellement à environ 6 millions d’euros en 2017, pronostique Stéphane Jousse. Et atteindre ensuite un rythme de progression moyen de + 10 à + 15% par an ! » 

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