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Hydéquip rachète Hydraumatec et joue la complémentarité

Le Normand Hydéquip, situé à Bayeux, vient de reprendre le spécialiste des blocs forés Hydraumatec, basé à Ploërmel (Morbihan). Hydéquip s’est fait une spécialité des équipements électro-hydrauliques pour engins mobiles et mise sur la complémentarité des métiers pour atteindre 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030. 

Après 18 ans passés à la tête d’Hydraumatec (rachat en 2007, 5 M€ de CA en 2024), ­E­mmanuel Germain a décidé de passer le relais. « La reprise est effective depuis la fin du mois de septembre 2025 » détaille l’ex-PDG d’Hydraumatec. « J’avais été approché il y a un an et demi par un fabricant européen de composants hydrauliques. Cela m’a donné à réfléchir : à 56 ans, j’ai deux enfants de 23 et 25 ans qui ne souhaitent pas reprendre l’entreprise. »
Sur ce constat, Emmanuel Germain consulte ses banquiers. Dans la foulée, trois propositions de rachat lui parviennent, dont celle d’Hydéquip. 
« Je connaissais l’entreprise et son expertise. Nos activités sont très complémentaires » se réjouit Emmanuel Germain. Il ajoute : « l’ensemble des salariés est conservé par Hydéquip. Ils sont rassurés par le profil de l’entreprise, en outre. »
Forte de 95 salariés pour 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, Hydéquip est une PME discrète spécialisée dans les systèmes électroniques et hydrauliques de commande pour engins mobiles. Une activité de pointe qui rend le profil de cette PME assez unique. Celle-ci produit en effet ses propres cartes électroniques, écrans tactiles, joysticks et ses calculateurs, avec un équipement à la pointe : salles blanches intégrées aux 4 200 m² de surface de son site industriel à Bayeux.
Avec son frère Thomas, Julien Diere préside l’entreprise créée par son père Jean-Paul Diere en 1990. Il l’a rejointe en 2005, il y a 20 ans, quasiment jour pour jour, à l’occasion d’un stage de fin d’année de quatre mois dans le cadre de son école de commerce. Après en avoir gravi les échelons au fur et à mesure, Julien Diere a définitivement repris les rênes de l’entreprise avec son frère Thomas, arrivé en 2016 et aujourd’hui directeur général, au moment du départ en retraite de leurs parents, en 2022 et 2023. 
« Notre métier est d’être équipementier pour des constructeurs de machines mobiles. Nous fabriquons des systèmes électroniques et hydrauliques. Bien évidemment, nous ne nous contentons pas de mettre en mouvement ces engins terrestres ou marins, nous prenons également en charge l’ensemble des fonctionnalités (instrumentations, tableaux de bord, pilotage des éclairages, caméras ou télématique) » indique Julien Diere. Hydéquip a ajouté ces compétences au gré des années : « Mon père était hydraulicien. Il a souhaité développer l’électronique pour piloter l’hydraulique des engins mobiles. C’était un précurseur et il a créé Hydéquip pour développer le métier dont il rêvait » précise le président. 

De fortes synergies
« Après l’emballement post-covid, nous sommes actuellement dans une phase plus calme en ce qui concerne le marché des engins off road » souligne Julien Diere. « Les clients manquent de visibilité : au niveau de certains marchés, comme le BTP ou l’export vers les Etats-Unis, ou bien en matière de commandes d’Etat » déplore-t-il. Julien Diere envisage néanmoins une reprise en 2026. Le rachat d’Hydraumatec constitue un relais de croissance important pour la PME : « Nous avons la même cible de clientèle, mais nous en avons peu en commun. Il existe des synergies importantes entre les deux sociétés. Le métier du bloc foré requiert un savoir-faire et des moyens de production bien spécifiques, nous avions des difficultés à nous positionner sur certains marchés avant le rachat » ajoute-t-il. Hydraumatec a en effet à son actif des marchés comme l’industrie, le naval ou la défense, dans lesquels Hydéquip n’était pas présent. « Nous avions identifié Hydraumatec comme la cible parfaite pour notre besoin de croissance externe » relate Julien Diere.

Passage de témoin souple
Concrètement, les deux frères vont se rendre régulièrement sur le site de Ploërmel, à tour de rôle. La partie finance et RH est reprise directement par Hydéquip, de même que la partie commerciale. L’intégralité des salariés d’Hydraumatec est maintenue dans son poste : « c’était une des conditions de base du rachat, pour les deux parties. Nous ne voulions pas avoir à nous séparer de quiconque. Nous avons besoin des équipes pour réussir ce challenge » souligne Julien Diere. La marque et le site industriel Hydraumatec demeurent également. Un passage de relais en souplesse...
De son côté, Emmanuel Germain reste actif avec Armor Métal, une entreprise de chaudronnerie, reprise en 2021 et voisine du site d’Hydraumatec. La PME fait travailler 12 salariés et réalise 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires à travers la production à façon. Son autre entreprise est une surface de vente, sur 500 m², de matériel d’équitation, la grande passion de sa fille de 25 ans.

Objectif 2030
À l’heure actuelle, le CA cumulé atteint 23 M. « Nous raisonnons toujours en termes de métier avant de parler de chiffre d’affaires, note Julien Diere. « Internaliser le savoir-faire des blocs forés par cette croissance externe complète l’ensemble des métiers que nous accueillons déjà, qu’il s’agisse d’électronique ou de contrôle-commande. Nous renforçons ainsi notre identité de fabricant. Commercialiser et défendre une marque sans apporter de valeur ajoutée ne permet plus de se positionner. Notre seule chance de fidéliser et développer notre clientèle est de proposer des solutions sur mesure fabriquées chez nous. »  
Il ajoute : « Dans notre projet de reprise, nous avions malgré tout chiffré nos ambitions et envisagions 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030 » se souvient Julien Diere. « L’acquisition d’Hydraumatec nous fait faire un bond et rend cet objectif atteignable, en développant les synergies pour les deux entités. »
Grâce aux moyens mis en œuvre et au savoir-faire de ses équipes, Hydéquip peut concevoir et délivrer un calculateur ou un écran tactile en moins de 4 semaines : « nous pouvons aller vite grâce à des schémas électroniques déjà qualifiés que nous dupliquons au gré des applications. Nous ne partons pas d’une feuille blanche, bien évidemment. » Hydraumatec possède le même ADN. Cela permettra de répondre avec beaucoup d’agilité à des fonctions complètes pour accompagner les clients dans leurs développements. 

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