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ifm electronics, 50 ans et une ambition intacte

Pour ses 50 ans cette année, ifm electronics aimerait atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le spécialiste des capteurs a réalisé 943 millions en 2018, en progression régulière (hors le décrochage de 2008) depuis sa création par Robert Buck et Gerd Marhofer. Dans un contexte pourtant de plus en plus difficile, ifm atteint 7 % de croissance au cours de l'exercice 2018. Martin Buck et Michaël Marhofer, la génération suivante, ont pris le relais et affichent de fortes ambitions, bien au-delà du prochain exercice.

Comment passe-t-on de petit fabricant de capteurs mécaniques à champion caché de l'industrie allemande ? En décidant un jour de remplacer ces capteurs mécaniques par des capteurs électroniques, comme le rappelle Martin Buck, l'un des deux dirigeants actuels d'ifm electronics. Le groupe familial réussit un parcours quasiment sans faute, depuis son lancement par les deux ingénieurs allemands, Robert Buck et Gerd Marhofer, en 1969. Rien d'exceptionnel dans cette réussite en Allemagne, où les ETI à succès (entreprises de taille intermédiaire) sont la norme. Pour autant, le positionnement d'ifm lui permet d'envisager l'avenir sereinement, avec une gamme de produits qui correspondent parfaitement aux besoins des industriels en quête d'optimisation énergétique ou d'efficacité dans le process. Les données, le nouvel or noir, affluent via une large palette de capteurs : position, analyse vibratoire, pression, flux…
Laurent Carlion, directeur marketing et technique France, note que « pendant de nombreuses années, peu de clients se sont intéressés à ces technologies. Maintenant, ils ont compris l'importance de ces solutions, avec les diagnostics rendus possibles par les capteurs dans le domaine de la maintenance prédictive. »
Au-delà des capteurs eux-mêmes, l'ambition est désormais de pouvoir offrir des systèmes complets, de passer « des composants aux systèmes, et du hardware aux softwares », comme le souligne Michaël Marhofer, l'autre PDG du groupe, garde à l'esprit ce qui fonde la philosophie de l'entreprise : la proximité avec le client, la qualité et l'innovation.

22 millions de produits par an
La proximité est rendue possible par un maillage des territoires et une présence mondiale : six sites de production, situés en Allemagne, aux États-Unis, à Singapour, en Roumanie, en Inde et en Pologne, fournissent 22 millions de produits chaque année. La qualité doit être irréprochable. Martin Buck n'ignore pas que la concurrence chinoise est présente sur ce segment de l'industrie avec des composants à bas coût. D'où la nécessité pour ifm de proposer des produits fiables : qualité des fils de cuivre présents dans les capteurs, contrôle qualité à chaque étape de fabrication, afin de garantir une bonne tenue générale des produits. Il faut aussi dépasser les capteurs pour s'orienter vers des systèmes complets et conserver ainsi une longueur d'avance. Laurent Carlion, directeur marketing et technique France, ajoute : « le challenge principal va être de devenir le principal fournisseur de composants, et de proposer des systèmes globaux, selon un business model basé sur le cloud. »

Du big data au smart data
Le glissement vers l'activité logiciels ira croissant dans les années qui viennent : « pourquoi abandonner les données recueillies aux GAFA ? » estime Michaël Marhofer. ifm electronics entend profiter de la bonne image du groupe auprès de ses 165 000 clients pour placer ses propres solutions logicielles et exploiter ces données. À ce jour, « 2,4 % du chiffre d'affaires mondial du groupe reposent sur les logiciels, soit 24 millions d'euros en 2018 » précise Michaël Marhofer. Un chiffre évidemment appelé à se développer au cours des dix prochaines années et au-delà : en 2030, l'ambition affichée est d'atteindre 500 millions d'euros de CA uniquement dans les logiciels ou le cloud, pour un CA global de 2,5 milliards.

Martin Buck et Michaël Marhofer (à droite) affichent de fortes ambitions pour ifm electronics, en espérant porter le chiffre d'affaires à 2,5 milliards d'euros en 2030.
© ifm electronics

ifm electronics, 
en quelques chiffres clés

  • Création en 1969
  • Changement de génération   de dirigeants en 2001
  • Chiffre d'affaires 2018 : 943 millions d'euros
  • Près de 7000 salariés dans 85 pays, dont près de 900 en R&D
  • 10 % du CA dévolus à la R&D
  • 5 sites de production
  • 22 millions de produits par an
  • 500 000 composants par jour
  • 165 000 clients

Les teraoctets* de données recueillies doivent cependant faire l'objet d'un tri. Impossible de tout remonter au contrôle sans discrimination. Peter Wienzek, responsable des ventes, évoque ainsi le concept de smart data comme évolution souhaitable du big data. Le protocole ­IO-Link prend toute sa place dans ce contexte, en équipant l'essentiel des composants proposés par ifm. Le groupe allemand s'est positionné très tôt dans ce domaine, avec ses masters ­IO-Link pourvus de deux voies, l'une dédiée au PLC (programmable logic controller, contrôleur logique programmable), l'autre au cloud. Dans le même registre, l'intelligence artificielle gagne du terrain dans l'industrie, et ifm se tient prêt à l'accueillir : « l'IA est importante, mais pas encore mâture. Nous l'implémenterons dès que nous trouverons des applications. Une de nos entreprises travaille dans ce domaine : Statmath, à Siegen, en Allemagne, propriété à plus de 50 % d'ifm » indique Martin Buck.

70 brevets par an
Pour tenir son rang, ifm doit innover : 70 brevets ont été déposés en 2018, à peu près autant que les années précédentes. Au total, le groupe est titulaire de près de 800 brevets. Ifm sort 20 nouveaux produits chaque année. Cette stratégie d'innovation est rendue possible par un investissement de 10 % dans la recherche et le développement et une organisation de la production sans faille. La production des cartes électroniques, par exemple, obéit aux principes du lean management : une réactivité extrême permet de répondre, à la semaine la semaine, aux 2 000 ordres de production passés pour satisfaire chaque client. Un ERP puissant permet de gérer la demande, via la plateforme Smart Watch, qui veille en temps réel à la bonne exécution des commandes. Une solution MES (manufacturing execution system), fournie par SAP, est en cours de déploiement sur le site de production de Tettnang.
*Un téraoctet = 1024 gigaoctets.

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