Industries mécaniques : plus dure sera la chute

Les incertitudes pour 2020 étaient déjà importantes avant la crise sanitaire… © Artema

Les industries mécaniques enregistrent en 2019 un chiffre d’affaires de 134,5 milliards d’euros, en hausse de +1,7 % par rapport à l’année précédente (contre +2,8 % en 2018).

Sur les quatre secteurs d’activités qui structurent les industries mécaniques, trois voient leur chiffre d’affaires 2019 progresser : les équipements de production et équipements mécaniques (+3,2 %), les composants et sous-ensembles intégré (+2,4 %) et les produits de grande consommation (+1,1 %). Seule l’activité des pièces mécaniques issue du secteur de la sous-traitance a enregistré un recul de -2,1 %. Les exportations totalisent 52,5 milliards d’euros de CA. La mécanique française conserve sa 6e place mondiale derrière la Chine, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Italie. L’accélération de ses exportations de +2,3 % en 2019 s’explique principalement par la hausse de ses ventes vers les pays tiers (+4 %). À l’inverse, on note un ralentissement vers le marché allemand (-1 % par rapport à 2018), qui demeure cependant le premier secteur client de la mécanique française.

2020 : de fortes incertitudes
Selon Olivier Scalabre, responsable de l'industrie européenne au Boston Consulting Group, l’industrie française est très largement en sous-régime : « En ce moment, l'Hexagone n'utilise que 30 ou 40 % de ses capacités industrielles. C'est un coup d'arrêt brutal, jamais vu, constate Olivier Scalabre, le responsable de l'industrie européenne au BCG. L'automobile ne tourne qu'à 10 %, l'aéronautique à 20 %… C'est moins qu'en Allemagne ou qu'en Autriche, qui prennent des parts de marché. La Chine redémarre aussi très fort. Il ne faut surtout pas se laisser distancer : les positions acquises pendant la pandémie seront sans doute durables. »
Dès le second semestre 2019, des signes de décélération ont été enregistrés, notamment liés au recul du marché allemand. Les incertitudes pour 2020 étaient déjà importantes avant la crise sanitaire : mauvaise conjoncture allemande, baisse de la demande étrangère, politique commerciale américaine et ses conséquences sur les principaux pays partenaires, les effets du Brexit. Ainsi, les prévisions début mars annonçaient la stabilisation de l’activité des industries mécaniques pour 2020.

Reprendre l’activité au plus tôt
La crise liée au Covid 19 provoque une crise en cascade dans les pays qui la subissent. Elle va donc durer dans le temps et son ampleur est impossible à évaluer. Sa durée et la possibilité pour l’industrie de reprendre son activité le plus rapidement possible constituent des éléments économiques fondamentaux pour en limiter les conséquences. Henri Morel, président de la FIM, rappelle que plus de 50 % des entreprises mécaniciennes ont repris le travail à ce jour, plus particulièrement celles travaillant pour des secteurs essentiels pour la nation, comme la santé, l’énergie ou la chimie.