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Transmission de puissance :
la profession prévoit une légère croissance en 2012

Pas d’optimisme démesuré, mais pas de catastrophisme non plus… Après les deux années quasiment euphoriques ayant suivi la forte récession de 2009, la profession de la transmission de puissance « revient un peu sur terre en 2012 », selon les termes d’Artema. En dépit des incertitudes et de l’attentisme ambiant, le syndicat des professionnels de la mécatronique prévoit une légère croissance de l’activité de ses membres cette année. Et met à profit cette période pour développer ses interventions, tant en France qu’au niveau international.

Comme prévu, 2011 a été une excellente année pour les entreprises spécialisées dans les composants et systèmes de transmission de puissance. Après une année 2010 de sortie de crise où le volume d’affaires de la profession avait bondi de 24%, c’est encore une progression de 12% qui a été enregistrée en 2011, permettant aux membres d’Artema de retrouver globalement le haut niveau d’avant crise, ce que personne ne jugeait réalisable il n’y a pas si longtemps. Avec + 28% pour l’hydraulique et + 17% pour la pneumatique, ce sont les métiers de la fluidique qui ont bénéficié des plus fortes progressions, suivies par les transmissions mécaniques (+ 12%) et l’étanchéité (+ 8%). Le secteur des roulements et des guidages linéaires a, quant à lui, subi le retournement du marché automobile français et a du se contenter d’une hausse limitée à 4%. Cette progression générale est aussi bien due à la bonne tenue du marché français qu’à une forte augmentation des exportations qui contribuent à la moitié du chiffre d’affaires de la profession. La répartition entre ventes aux OEM et à la distribution s’est également caractérisée par son homogénéité, tandis que l’ensemble des secteurs clients ont contribué à la bonne tenue des affaires, à l’exception de l’automobile française (composants embarqués). Dans ce contexte, les effectifs de la profession sont restés relativement stables, à environ 28.000 personnes. Il faut dire qu’au plus fort de la crise, les entreprises du secteur avaient tout mis en œuvre pour limiter la baisse de leurs effectifs. Rien d’étonnant alors que ceux-ci ne soient pas repartis franchement à la hausse aux cours des deux dernières années. D’autant plus que la profession éprouve toujours autant de problèmes à trouver des collaborateurs qualifiés et immédiatement opérationnels quand le besoin s’en fait sentir.

Prévisions 2012 : + 2%
Pour 2012, la prudence est de mise et c’est une légère hausse de 2% du volume d’affaires qui est anticipée. « On observe une baisse régulière des entrées de commandes depuis le mois de février et, du fait de nombreux jours non travaillés et d’un contexte particulier lié aux échéances politiques, le mois de mai a été mauvais. Les commandes semblent repartir depuis, mais il faudra attendre encore quelques mois pour avoir une vision plus précise de l’année en cours », remarque Laurence Chérillat, Déléguée générale d’Artema. Incertitude et attentisme sont donc à l’ordre du jour. De nombreux projets sont à l’étude chez les clients de la profession et les offres remises tardent à se concrétiser du fait d’une conjoncture hésitante en France comme à l’international. Les membres d’Artema ne tombent pas pour autant dans le catastrophisme. D’autant plus que les stocks de leurs clients se situent à un niveau correct, voire même un peu en dessous de la normale. Rien de comparable donc à la situation qui prévalait lors du déclenchement de la crise fin 2008. En outre, la conjoncture des différents secteurs clients n’est en rien alarmiste. L’aéronautique se maintient à un très haut niveau et poursuit sur la lancée des grosses commandes passées en 2011. Et si l’automobile marque le pas en France, l’activité reste néanmoins bien orientée au niveau mondial. 
Chez les OEM, la conjoncture est variable selon les secteurs : bonne dans le machinisme agricoles et les engins de TP (deux secteurs qui étaient repartis après les autres) et correcte dans la manutention et l’emballage ; mais en baisse dans le domaine des machines textiles du fait de la fermeture de certains marchés traditionnellement porteurs à l’exportation (Iran, Syrie…). Du côté des utilisateurs, le nucléaire, le pétrole et le gaz tirent leur épingle du jeu tandis que l’éolien et le solaire ont tendance à se replier. La chimie et la pharmacie suscitent surtout des investissements de renouvellement. L’agroalimentaire, qui a traversé la crise sans trop de dégâts, reste en territoire positif. Enfin, de beaux projets sont lancés dans le secteur ferroviaire… « D’une manière générale, les cycles s’accélèrent et la conjoncture se caractérise par de brusques à-coups qui compliquent singulièrement la tâche des managers. Plus que jamais, flexibilité et adaptation constituent des priorités chez nos adhérents », observe Laurence Chérillat.

Le volume d'affaires correspond à la production française livrée en France et exportée plus l'activité de négoce des importateurs et des fabricants.

Indicateurs et tableaux de bord
C’est pourquoi Artema déploie de gros efforts pour fournir à ses membres les éléments permettant de favoriser de bonnes prises de décision. A commencer par des indicateurs mensuels synthétisant, par professions, l’opinion des adhérents sur leur activité au cours du dernier mois et du dernier trimestre, ainsi que leurs prévisions pour les trois prochains mois. Le syndicat professionnel édite également des synthèses chiffrées mensuelles, trimestrielles ou semestrielles des commandes et facturations des différentes professions qu’il représente (pneumatique, hydraulique, étanchéité, roulements, transmissions mécaniques). Ces outils seront complétés dès cette année par deux autres indicateurs concernant l’activité globale des membres d’Artema sur un et trois mois. « Ces outils sont très appréciés. Plus des deux tiers de nos adhérents répondent régulièrement à nos enquêtes, ce qui rend leurs résultats d’autant plus crédibles », se félicite Laurence Chérillat. La conjoncture des grands OEM clients de la profession est, quant à elle, analysée mensuellement sous forme de tableaux de bord, tandis que des études relatives à la situation des principaux secteurs utilisateurs sont éditées chaque trimestre. Ces informations sont disponibles depuis le mois de mai dernier sur le nouvel extranet conçu par Artema à l’intention de ses adhérents. Une revue de presse mensuelle concernant les secteurs clients et un suivi régulier de l’actualité liée aux matières premières complètent cet ensemble.

Compétences et formation
L’action du syndicat professionnel se renforce également de manière significative dans les domaines de la formation professionnelle et du recrutement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ancienne commission « Emploi et formation » s’appelle maintenant « Compétences et formation ». Ce changement de dénomination s’accompagne d’un renforcement de son fonctionnement et de ses attributions. Constituée exclusivement de responsables des ressources humaines issus d’une trentaine d’entreprises membres, elle travaille d’ores et déjà à l’élaboration d’une cartographie de toutes les formations menant aux métiers d’Artema, depuis les Bac Pro et technologiques jusqu’aux écoles d’ingénieurs en passant par les Bac + 2 et Bac + 3. Elle s’attachera aussi à définir les compétences minimales attendues pour chaque niveau, élaborer une matrice de compétences à l’échelle d’Artema et promouvoir les formations en alternance, voies d’accès privilégiées à ses métiers. Par ailleurs, les organismes de formation hydrauliques et pneumatiques IFC, Sodhyp et MXL ont vu leur agrément Cetop (Comité européen des transmissions oléohydrauliques et pneumatiques) renouvelé pour une période de cinq ans. Ils viennent d’être rejoints par le Lycée Savary de Wattrelos, dans le Nord, plus spécifiquement chargé de la mention complémentaire Maintenance représentant 400 heures de formation en alternance au niveau Bac + 1.

Mises en place il y a déjà plusieurs années, les CQPM Maintenance et Conception accueillent, quant à eux, leur nouveau lot de stagiaires chaque année, tandis qu’une formation de niveau licence, lancée depuis deux ans en coopération avec MXL, débouche sur un diplôme universitaire. Le secteur des transmissions mécaniques n’est pas en reste, qui a bénéficié de la mise en place de deux nouvelles formations de niveau « Initiation » et « Conception ». Cette dernière se déroule sur deux ans (900 heures) à destination des jeunes de niveau Bac + 2 ou de personnels déjà en poste au sein des entreprises. Un travail est par ailleurs mené en coopération avec Eurotrans (Comité européen des transmissions mécaniques) pour la mise en place d’une formation en anglais. Enfin, dans le domaine de l’étanchéité, deux sessions de formation annuelles sont proposées en collaboration avec le Cetim et le Laboratoire de mécanique des solides (LMS) de Poitiers à destination des bureaux d’études des adhérents et de leurs clients. Là aussi, un projet destiné à dispenser cette formation en anglais est à l’étude.

Partenariats
En complément de ces actions de formation, Artema travaille au renforcement de l’attractivité de ses professions, notamment vis-à-vis des jeunes. Le syndicat professionnel organise ainsi deux amphis par an à destination des étudiants de l’UTC de Compiègne, illustrés par le témoignage de plusieurs entreprises. Des interventions régulières sont également programmées au sein de Polytech Annecy Chambéry, toujours dans le but de faire découvrir ses métiers. A cet effet, une nouvelle édition du Guide des métiers d’Artema vient d’être éditée, tandis qu’une première participation à l’Aventure des Métiers est programmée dans le cadre du salon Educatec en collaboration avec d’autres syndicats de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Artema, qui se veut le syndicat des industriels de la mécatronique, poursuit également sa politique de signature de conventions de partenariats avec des organismes spécialisés dans ce domaine tels que Thésame, Polytech Annecy Chambéry, l’Union de normalisation de la mécanique (UNM) - Olivier Cloarec, Conseiller technique d’Artema, est notamment président de la commission Mécatronique de l’UNM -  ainsi que le Cetim et l’UTC de Compiègne avec qui a été créé l’Institut de la mécatronique dont Laurence Chérillat est membre du Comité de pilotage. D’autres projets sont à l’étude, notamment avec l’Insa de Strasbourg, très en pointe dans le domaine de la mécatronique. Les collaborations sont effectives dans les deux sens dans la mesure où les partenaires d’Artema participent systématiquement aux travaux du Groupe Mécatronique.

Force de proposition
Dans le cadre de ses actions à l’international, Artema se positionne notamment en tant que force de proposition au sein des différents comités de normalisation concernant ses métiers. D’importants travaux sont notamment menés sur la sécurité des systèmes de commandes mécatroniques dans le but de réunir les deux normes existantes (électrique et mécanique) en une seule. Artema est aussi à l’origine d’une forte action de lobbying menée au niveau européen dans le but d’infléchir le projet de directive Eco-conception relative à la machine-outil (devenue depuis directive ERP : Energy Related Products), dont les textes prévoyaient à l’origine de remplacer les transmissions hydrauliques par le tout-électrique. L’action du syndicat professionnel a notamment permis d’éviter toute stigmatisation d’une technologie par rapport à une autre. Ses arguments ont été repris dans la dernière mouture du projet et on attend maintenant la publication du rapport final qui doit être remis à la Commission européenne. Toujours dans le domaine normatif, Artema travaille sur l’impact environnemental des produits commercialisés par ses membres. « Notre souhait est d’aboutir à l’édition de normes environnementales d’ici deux à trois ans », précise Laurence Chérillat.

© Artema

Evénements
Dans le même ordre d’idée, Artema œuvre à la cohésion entre ses membres et à la promotion de leurs activités à travers la mise sur pied d’événements tels que les Journées Artema de la Mécatronique (JAM). La prochaine édition se tiendra les 27 et 28 septembre prochain à Avignon sur le thème de « l’innovation inverse » et se posera donc la question de la simplification de l’offre en partant du besoin réel du client. En mai dernier, le syndicat professionnel a apporté sa contribution à la bonne tenue de la 10ème édition des European Mechatronics Meetings (EMM) organisé par Thésame en Haute-Savoie. Bruno Grandjean, nouveau président d’Artema, y est intervenu en tant que Grand Témoin et Laurence Chérillat a animé une session de travail. Dernière décision en date, Artema a décidé d’un commun accord avec le Gimelec de renouveler l’expérience des IMA (Innovative Mechatronics Automation) sur la base des trois grands piliers qui ont fait l’originalité de cette manifestation lors de sa première édition fin 2011/début 2012 : les tables-rondes d’experts, dont le contenu sera renforcé afin d’accroître leur attractivité ; un espace de stands volontairement limité en nombre (une centaine) et en taille pour des rendez-vous professionnels ; et un prolongement sur internet en amont et en aval de l’événement. Un groupe restreint de huit industriels planche actuellement sur le sujet en vue de l’élaboration d’un nouveau cahier des charges. Quoiqu’il en soit, et de par son caractère itinérant, le but de l’IMA reste le même : constituer un lieu de rencontre privilégié entre la profession et ses clients. Le prochain rendez-vous est d’ores et déjà fixé fin 2013/début 2014. 

Bruno Grandjean, président d’Artema :
« Des partenariats tous azimuts ! »

Bruno Grandjean © Artema

« La mécatronique est maintenant au centre du jeu industriel et notre syndicat professionnel se doit de montrer le chemin dans ce domaine », affirme Bruno Grandjean, qui a pris la présidence d’Artema en avril dernier. Le président du directoire de Redex SA insiste sur l’importance de « ce concept futuriste, maintenant totalement rentré dans les mœurs ».  « Cette orientation vers la mécatronique est d’ailleurs un legs de Jean Tournoux, mon prédécesseur à la tête d’Artema. A nous de le faire prospérer ! », tient-il à faire remarquer. Artema a vocation à prendre de l’ampleur dans ce domaine et un groupe Mesure devrait être prochainement constitué, en parfaite synergie avec les autres métiers couverts par le syndicat. « Des projets sont en cours dans tous les domaines, permettant ‘’d’hybrider’’ les technologies, de casser les différentes chapelles et de constituer des équipes pluridisciplinaires au sein des entreprises, insiste Bruno Grandjean. Et cela, pour le plus grand bien d’une profession qui, au-delà de l’aspect purement technique, bénéficie par ce biais d’une image moderne propre à attirer les jeunes vers ses métiers et à retenir l’attention des pouvoirs publics. La période est propice car n’a jamais autant parlé de l’industrie qu’en ce moment ! »

« Président fédérateur »
Fraichement nommé, Bruno Grandjean souhaite devenir le « président fédérateur de toute une profession ». Pour cela, il s’attache actuellement à approfondir sa connaissance des membres du syndicat professionnel, que ce soit par des visites directes au sein des entreprises ou via une participation aux différents groupes de travail. « Je souhaite être le porte-parole de tous », affirme le nouveau président d’Artema qui entend également poursuivre une politique déjà très active en termes de partenariats « tous azimuts » et d’ouverture à l’international. En atteste notamment sa récente participation aux European Mechatronics Meetings (EMM) organisés par Thésame ainsi qu’à la dernière assemblée générale d’Eurotrans. Prochaine étape : les Journées Artema de la mécatronique qui se tiendront en septembre prochain à Avignon et devraient constituer « un grand moment dans la vie de la profession », anticipe Bruno Grandjean.

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