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Vers une légère croissance en 2015

Après une année 2014 qui n’a pas tenu toutes ses promesses, la profession des transmissions de puissance prévoit une croissance de 2% en 2015. Chacun des métiers devrait apporter sa pierre à l’édifice pour l’obtention de ce résultat somme toute assez satisfaisant dans un contexte erratique se caractérisant par une absence de tendance homogène parmi les secteurs clients. Quoiqu’il en soit, la profession ne ménage pas ses efforts pour promouvoir, valoriser et défendre ses activités.

Une fois n’est pas coutume : la profession avait un peu péché par optimisme lors de l’établissement de ses prévisions pour 2014. Pour finir, c’est un modeste 1% de croissance qui a été enregistré l’année dernière. « C’est la première fois que nous terminons une année hors de nos prévisions », reconnaît volontiers Laurence Chérillat. La déléguée générale d’Artema, le syndicat des industriels de la mécatronique, explique cet écart par une activité économique qu’elle qualifie d’erratique dans un contexte marqué par un manque total de visibilité. 

Evolutions contrastées
L’évolution contrastée des différents métiers recouverts par l’organisation professionnelle reflète d’ailleurs cette réalité. C’est ainsi que les transmissions pneumatiques, qui avaient été un peu à la peine l’année précédente, ont connu un superbe exercice 2014 avec une croissance de 7% de leurs activités, que ce soit en France ou à l’export. « Les métiers de la pneumatique ont su se remettre en question et prendre en compte le tournant de la mécatronique », se réjouit Laurence Chérillat. De fait, on parle maintenant d’automatismes pneumatiques et les produits fabriqués par les entreprises du secteur intègrent de plus en plus de valeur ajoutée.  A l’opposé, les transmissions hydrauliques, qui avaient mené le bal en 2013, ont éprouvé le besoin de souffler un peu et subi une baisse de 3% l’année dernière, principalement sur les marchés export. Ce repli est principalement le fait de l’hydraulique mobile, conséquence de l’effondrement du marché du machinisme agricole (après le record de 2013) et d’une conjoncture morose dans les matériels de travaux publics. L’étanchéité a connu une activité « sans relief » en 2014, notamment du fait du repli du marché pétrolier qui a affecté la fabrication de garnitures mécaniques, tandis que les joints hydrauliques et pneumatiques ont suivi la tendance de leurs marchés respectifs. Déjà assez bien orientées en 2013, les transmissions mécaniques ont bénéficié d’une année meilleure que prévue en 2014 avec une progression de 4%. Si l’export a marqué le pas, notamment dans l’industrie lourde (cimenteries, mines…), le marché français s’est révélé très porteur pour les réducteurs et motoréducteurs. Enfin, les roulements et guidages linéaires ont grignoté un petit 1% de croissance l’année dernière, grâce principalement aux bonnes commandes de l’industrie automobile, notamment à l’exportation… Au total, l’ensemble des activités d’Artema représentait un chiffre d’affaires global de 5,560 milliards d’euros à fin 2014, les effectifs de la profession s’étant maintenus autour de 28.000 personnes.

Attentisme
La profession demeure cependant prudente dans ses prévisions pour 2015. La croissance globale de 2% qu’elle anticipe résulte, là encore, d’évolutions très différenciées selon les métiers. Ces derniers devraient néanmoins tous se situer dans le vert cette année. Ainsi, après un démarrage un peu difficile, les transmissions mécaniques devraient bien tirer leur épingle du jeu avec une évolution prévue de + 4%. Même prévision pour les transmissions pneumatiques, qui seront tirées en avant, tant par la vente directe que par la distribution et les activités de maintenance.  « Le marché français de l’hydraulique n’est pas très bon actuellement, mais l’export se redresse et le machinisme agricole, important secteur client, se porte un peu mieux », constate Laurence Chérillat. D’où une prévision de croissance de l’ordre de 2% pour les transmissions hydrauliques en 2015. L’étanchéité, quant à elle, bénéficie d’une petite reprise et devrait s’accroître de 3% cette année, tandis que les roulements se développeront à hauteur de 2% sur la même période, en dépit de quelques difficultés sur le marché français des OEM, conséquence de l’appauvrissement du tissu industriel dans l’Hexagone. Pour l’établissement de ses prévisions, Artema suit bien sûr de près l’évolution des secteurs clients et décèle quelques signaux positifs du côté de l’agroalimentaire qui se maintient malgré une baisse des investissements en 2014 et le besoin de restructuration du secteur. L’aéronautique poursuit sur sa lancée et connaît une forte croissance qui bénéficie aux spécialistes de la transmission, à charge pour eux de s’adapter aux exigences élevées du secteur. Bonne résistance également du secteur de l’énergie, avec notamment un retour en force de l’éolien (projets offshore en France et sur les marchés étrangers). Enfin, l’automobile, important client des roulements, garde une orientation positive. « D’une manière générale, la profession reste très dépendante des investissements. A cet égard, le déblocage de la loi sur la déduction fiscale supplémentaire de 40% sur les investissements devrait envoyer des signaux positifs. Pour l’instant, c’est plutôt un certain attentisme qui domine »,
constate Laurence Chérillat.

Représentativité
Quoiqu’il en soit, et indépendamment du contexte économique, la profession continue de travailler à l’élargissement de sa représentativité. C’est ainsi qu’Artema vient d’intégrer les fixations mécaniques à l’issue d’un rapprochement avec l’Affix, ex-syndicat du secteur (cf. Fluides & Transmissions n°169). L’apport de cette activité, maintenant rassemblée au sein d’un nouveau « Groupe Fixations » chez Artema, permet à ce dernier de renforcer ses positions dans deux secteurs clients majeurs, l’automobile et le bâtiment, ainsi que dans une multitude de domaines industriels utilisateurs de ce type de produits. A l’issue de ce rapprochement, Artema a pris le leadership du groupe FIM-Auto au sein de la Fédération des industries mécaniques : un pilotage qui sera assuré par Philippe Guyomard, directeur de la stratégie et du développement chez NTN-SNR. Quant à la Commission PME-PMI créée par l’Affix, elle est désormais placée sous la houlette de Cyrille Néret-Minet, nouveau délégué général adjoint d’Artema, qui vient de rejoindre les rangs de l’organisation professionnelle. Avec cette nouvelle corde à son arc, le syndicat des industriels de la mécatronique compte maintenant 150 adhérents représentant un chiffre d’affaires global de 7,2 milliards d’euros, dont environ 50% à l’export, pour un effectif de 35.000 salariés. 

« Valoriser et défendre »
« Les actions d’Artema s’articulent autour de deux axes principaux visant, d’une part, à valoriser et défendre les professions qu’il représente, et d’autre part, à promouvoir ses métiers, notamment auprès des jeunes et de l’Education Nationale », insiste Laurence Chérillat. Cela passe notamment par une présence forte au sein de la Fédération des industries mécaniques, « maison-mère » du syndicat. « Un représentant d’Artema participe maintenant systématiquement à chaque réunion organisée par la FIM », se réjouit Laurence Chérillat. En outre, le syndicat professionnel s’implique dans toutes les thématiques actuelles telles que l’efficacité énergétique ou l’usine du futur, par exemple. « La mécatronique a un rôle essentiel à jouer dans ces domaines, insiste la déléguée générale d’Artema. En témoignent les nouvelles usines mises sur pied par nos adhérents, telles que celles de SEW Usocome ou de NTN-SNR pour ne citer que les exemples les plus récents, ou encore les nouveaux produits ‘’communicants’’ qu’ils lancent sur le marché »…La promotion des métiers d’Artema passe aussi par des actions de lobbying, notamment au niveau européen. C’est ainsi que le syndicat professionnel a réussi à faire en sorte que la Directive Eco-Design - et plus particulièrement le lot relatif aux machines-outils - soit exempte de toute discrimination technologique. « Les normes ISO relatives à ce sujet ont été votées et sont conformes à nos souhaits mais les mesures d’exécution ne sont pas encore sorties. Il convient donc de rester vigilant »,
prévient Laurence Chérillat. Concernant l’efficacité énergétique, Artema insiste sur le fait que l’assemblage de composants « vertueux » n’aboutit pas forcément à la meilleure machine. Mieux vaut privilégier une approche système, multi-technologique et liée à l’application si l’on veut obtenir des résultats notables. C’est l’essence même de la mécatronique…

Performance énergétique
Outre sa collaboration aux travaux de la FIM, du Cetim, de l’Afnor ou de l’UNM, Artema participe également activement aux débats de l’ATEE (Association des techniciens de l’énergie et de l’environnement). Désireux que les futurs certificats d’économie d’énergie qui y sont définis « soient conformes aux règles de l’art et établis dans le soucis de l’intérêt général », Artema a introduit des recours en annulation concernant les certifications Ind-UT-127 concernant les transmissions mécaniques et Ind-UT-129 relative aux presses à injecter électriques ou hybrides, estimant qu’elles contenaient des dispositions contraires aux intérêts de la profession. Conseiller technique d’Artema, Olivier Cloarec travaille en outre au sein de l’ATEE à l’élaboration de deux certificats d’économie d’énergie relatifs aux transmissions pneumatiques et hydrauliques. « C’est à ce titre qu’Artema devient une force de proposition et un véritable acteur de la performance énergétique », se félicite Laurence Chérillat. Toujours dans le domaine de l’efficacité énergétique, Artema s’intéresse également à la mise en œuvre des audits énergétiques qui deviendront obligatoires d’ici la fin de l’année au sein des entreprises de plus de 250 personnes afin que toutes les énergies soient bien prises en compte. Artema travaille d’ailleurs sur ce sujet avec la Fim et le Cetim.  Dans ce cadre, Artema souhaite apporter le savoir-faire de la profession, notamment en matière d’air comprimé, par exemple. Et c’est encore dans le souci de prendre en compte l’intérêt et les véritables besoins de ses membres qu’Artema assure la liaison entre les fiabilistes pneumaticiens de l’ISO et les spécialistes de la sécurité machines qui travaillent à la fusion des normes ISO 13849 et IEC 62001 concernant la sécurité des systèmes de commandes. Un projet dont l’aboutissement est prévu pour 2017 au plus tôt…

Industrie du futur
Artema souhaite également contribuer à l’ensemble des débats concernant les orientations à venir dans le domaine de l’industrie. Le syndicat professionnel collabore ainsi au groupe de travail animé par la Fim et chargé d’élaborer le guide pratique de l’usine du Futur. La première partie de ce guide a été validée et devait sortir en juin 2015 : il présente  les enjeux et un panorama des solutions pour aider les PME. Une deuxième partie comprendra des fiches didactiques sur de multiples sujets (fabrication additive, robotique, marketing client, relation BE/production…). Particulièrement conscient que « l’on ne pourra pas passer à l’usine du futur sans anticiper la formation des personnes », Artema continue de développer les nombreuses actions entreprises dans ce domaine, qu’il s’agisse du parrainage du diplôme d’ingénieur en mécatronique proposé par l’Ecole des Mines d’Alès, d’une action auprès  de la CTI (Commission des titres d’ingénieur) pour que figure le titre ingénieur en mécatronique parmi les 43 titres (au lieu des 200 précédemment), ou encore d’un projet avec l’Insa de Strasbourg, « première école à proposer un diplôme d’ingénieur en mécatronique ». A cette occasion, l’INSA Strasbourg viendrait rejoindre l’UTC de Compiègne et Polytech Annecy Chambéry au nombre des partenaires privilégiés d’Artema. D’autre part, Artema poursuit la promotion de la mention complémentaire en hydraulique, notamment par l’intermédiaire du Lycée Savary de Wattrelos, dans le Nord, et du Lycée de Saint-Pol-de-Ternoise, dans le Pas-de-Calais. Idem pour les licences professionnelles hydrauliques délivrées par les universités de Metz et d’Artois. Le syndicat professionnel réfléchit en outre à un projet de CQPM en électropneumatique en collaboration avec l’UIMM de Haute-Savoie. Enfin, le CQPM en transmissions mécaniques chapeauté par le Greta de Haute-Marne pourrait être scindé en deux parties concernant respectivement la fabrication et la conception. Artema a aussi participé à la réforme des BTS en mécanique conduite par l’Education nationale, réforme qui entrera en vigueur à la rentrée 2016. Artema s’est efforcé de faire passer les messages de la profession : importance des compétences sur l’assemblage et préconisation  de  l’intégration de stages au cours de la seconde année…

Communication
Compte tenu de l’ensemble de ces développements, il était important que le syndicat des industriels de la mécatronique développe sa communication afin de porter à la connaissance du plus grand nombre le résultat de ses actions. A cet effet, outre l’élaboration de nombreux indicateurs statistiques, toujours aussi appréciés de ses adhérents, Artema accentue notamment sa présence sur internet et les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou LinkedIn.
Par ailleurs, une nouvelle édition des Journées Artema de la Mécatronique (JAM) se tiendra en septembre prochain à Strasbourg, qui combinera le travail en ateliers sur le thème de l’usine du futur, une visite de la nouvelle usine de SEW Usocome et la participation d’un Grand Témoin issu de l’industrie aéronautique. A la demande unanime des adhérents, les JAM ont d’ailleurs vocation à retrouver un rythme annuel à l’avenir. Enfin, quelque 12 adhérents d’Artema devaient se retrouver sur un espace collectif de 90 m² au salon Innorobo du 1er au 3 juillet 2015 à Lyon afin de promouvoir « la mécatronique dans la robotique ». Doté de deux robots en démonstration et d’une imprimante 3D, cet espace était centré sur le thème de l’usine du futur, bien sûr !

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