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WIKA table sur une croissance de 10 % l’an

L’inauguration par WIKA de son bâtiment à Herblay (Val d’Oise) a permis de fixer le cap pour les années à venir : une croissance soutenue de 10 % par an sous le signe de l’innovation, malgré une conjoncture incertaine. Pour y parvenir : une stratégie de croissance externe en lien avec l’industrie 4.0 et la conquête de nouveaux marchés.

L’objectif de WIKA est clair : 10 % de croissance annuelle pendant les dix prochaines années. La stratégie est ambitieuse. Elle est à l’aune de ce qu’a réalisé la filiale française du groupe allemand depuis sa création, avec de fortes progressions ces dernières années.
Claunel Massiès, PDG de WIKA France, rappelle les trois piliers sur lesquels repose cette performance : une croissance organique forte sur les métiers traditionnels que sont la mesure de la pression et de la température, un important développement sur de nouveaux marchés ou produits grâce à des acquisitions par le groupe, et la croissance externe via le rachat de sociétés de production : DH – Budenberg en région parisienne ou Kubler en Alsace. En 2008, WIKA avait également repris l’Italien Sami, spécialisé dans les vannes et les manifolds pour l'industrie du process, ainsi que les vannes spécifiques pour les applications haute pression et de multiples composants mécaniques. De quoi affermir sa position dans la calibration de haute précision ou la mesure de niveau. 
« Le projet du groupe Wika, et donc celui de Wika France, est d’être reconnue comme une société innovante sur le marché de l’instrumentation en offrant à ses clients un éventail élargi de solutions aussi bien en termes de produits que de services » souligne Claunel Massiès.

Innover pour durer
Fort de cette stratégie, Alexander Wiegand, CEO allemand du groupe, se félicite de dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires cette année au terme de près de 16 % de croissance organique d’une année sur l’autre. « C’est un jalon important de notre histoire. Je n’aurais jamais imaginé parvenir à un tel résultat lorsque j’ai pris la responsabilité du groupe il y a 22 ans ! »
La croissance française s’établit pour sa part autour de 5 à 6 % pour l’année écoulée, selon Claunel Massiès. « Une bonne année en termes de ventes et de commandes, marquée par une dynamique sur tous les segments de marché » se réjouit le PDG français. « Nous risquons de souffrir sur certains marchés pendant l’année qui vient du fait de la réorganisation de certains de nos clients. Nous compenserons par d’autres segments mais nous n’attendons pas de croissance de ce niveau. »

WIKA France, la plus ancienne filiale du groupe

À gauche, Alexander Wiegand, CEO du groupe WIKA, et Claunel Massiès, PDG de WIKA France. © Karim Boudehane

Créée en 1963, WIKA France a 55 ans. Elle a été la première filiale fondée par le groupe, sur la quarantaine dont il dispose au total dans le monde. Depuis 1992, elle occupait une surface de 1200 m2. Le nombre de salariés a plus que doublé en 24 ans et la société DH Desgranges et Huot et ses 20 collaborateurs ont rejoint les locaux de WIKA en 2015. Les responsables de l’entreprise ont donc décidé d’acquérir un bâtiment plus grand. Désormais, la filiale dispose de trois étages, avec deux ailes par étage, pour une surface totale de plus de 3000m2 comportant showroom et laboratoire de métrologie. L’organisation du siège a été repensée autour de la mobilité et de l’interactivité avec des espaces de co-working, ouverts et modulaires, et un site de formation informatique et de bonnes pratiques où les équipes passent chaque semaine pour parfaire leur maîtrise des produits.

Pour autant, « la stratégie appliquée dans le passé n’est pas nécessairement la bonne pour le futur », prévient Alexander Wiegand. « Le seul espoir de poursuivre notre croissance est de nous transformer en une organisation réellement innovante. C’est le but de la mission 2025 : augmenter de 15 % notre capacité à développer de nouveaux produits. C’est pourquoi nous investissons 15 millions d’euros dans un nouveau centre d’innovation de 25 000 m2, au siège du groupe. » Ce dernier a en effet fait face à deux années de stagnation (2015 et 2016), due au repli du secteur pétrolier, conséquence de la baisse du cours du brut.

Internet des objets
En vertu de cette stratégie innovante, le groupe a procédé récemment au rachat de trois startups françaises dans le cadre de sa croissance externe. A commencer par SenSeor, à Nice, reprise il y a quelques années, représentée aujourd’hui par son nouveau directeur général, Didier Guiraud. Cette société développe des solutions innovantes pour la mesure de température sans fil et sans batterie.
Idosens, dans l’Isère, est quant à elle spécialisée dans les objets connectés pour l’industrie. Rachetée en mars 2018, elle compte 15 salariés, un effectif que WIKA espère doubler dans les 12 mois qui viennent. Ses produits permettent notamment la mesure de densité et de viscosité des fluides. WIKA renforce ainsi sa position dans l’internet industriel des objets (IIoT), pilier de l’industrie 4.0.
Enfin plus récemment, Avenisense, à Aix Les Bains, a rejoint le groupe en août 2018. Cette entreprise est positionnée sur le marché des capteurs électroniques embarqués à très forte valeur ajoutée. 
Le nouveau siège social de WIKA France évolue donc au gré de ce besoin d’innover. « Nous disposons maintenant d’un centre de formation agréé pouvant accueillir jusqu’à 30 participants par session. Nous nous sommes dotés de moyens d’essais et de test dans le domaine de la calibration ainsi que d’un laboratoire étendu pour l’étalonnage en pression, accrédité COFRAC (Comité Français d’Accréditation). Laboratoire pour lequel nous venons d’étendre notre certification en 2018 afin de servir le marché aéronautique », indique Claunel Massiès.

Mutations technologiques
Même si Alexander Wiegand s’est félicité du soutien des pouvoirs publics français à l’égard des startups et de l’industrie 4.0, la conjoncture demeure incertaine sur le plan mondial. Le PDG allemand déplore les tensions politiques qui impactent directement le marché, notamment le Brexit, ou les tendances protectionnistes de nombreux pays qui remettent au goût du jour les barrières douanières, évoquant même le risque élevé de récession due à l’interconnexion extrême de la supply chain et de l’économie.
De plus, les modèles économiques changent. Claunel Massiès le rappelle : « Notre marché, nos clients, et donc par la même notre organisation, doivent faire face actuellement à une accélération des mutations technologiques, des incertitudes, des besoins de support à forte valeur ajoutée… Les organisations de nos clients sont de plus en plus internationales et interconnectées. Les GAFA ont maintenant une importance grandissante dans le B2B et pas seulement sur le marché de la communication, mais également dans le commerce marchand. Une nouvelle génération de collaborateurs et de clients « ultra-connectés » arrivent dans le monde de l’entreprise. L’industrie 4.0 est en train de devenir réalité en France et cette tendance touche directement notre domaine de l’instrumentation et de la mesure. WIKA souhaite accompagner cette tendance. » A cet égard, la maintenance prédictive ouvre en particulier un boulevard aux produits du groupe.

Des solutions pour tous les besoins

Transmetteur de pression S-20. Wika

Connu pour son expertise dans la mesure de la pression, l’allemand WIKA distingue, dans ses produits, la mesure mécanique de la mesure électronique. Concernant la première, les manomètres WIKA peuvent mesurer des pressions relatives, absolues ou différentielles et utilisent différentes technologies : tube manométrique, tube à spirale, tube hélicoïdal, capsule ou membrane. Le fabricant possède la maîtrise technique de tous ces principes de mesure pour couvrir des étendues de mesure de pression de 0 … 0,5 mbar à 0 … 7 000 bars avec une précision pouvant aller jusqu’à 0,1 %.
Deux types de solutions sont proposées : des manomètres comportant des parties en contact avec le fluide en alliage de cuivre pour des applications simples, généralement utilisés par les équipementiers, ou des manomètres en acier inox, en Monel ou dans d’autres matériaux spéciaux, pour des utilisations plus orientées vers le process.
La mesure électronique de pression est quant à elle développée depuis 30 ans chez WIKA. La gamme comprend les capteurs de pression, transducteurs de pression, transmetteurs de pression, pressostats électroniques et transmetteurs de process aussi bien pour la mesure de pression relative, absolue ou différentielle. Ces instruments sont disponibles avec des étendues de mesure de 0 … 0,6 bar à 0 … 15 000 bars. Ils sont fournis avec des signaux de sortie standardisés en courant ou en tension ou encore avec des interfaces et protocoles pour différents bus de terrain.

Une large palette  d’étalonnage

Le laboratoire de métrologie a vu sa surface doublée, afin d’élargir la portée d’accréditation et augmenter l’activité de service. © Karim Boudehane

Des environnements de process exigeants, comme les industries chimiques, pétrochimiques et pharmaceutiques, nécessitent des équipements qui soient absolument fiables. Le laboratoire de WIKA, installé au siège français, à Herblay, a procédé à 983 étalonnages en 2017. Soit près de 3 par jour… Sous la direction de Stéphane Adelbrecht, ce laboratoire réalise des étalonnages (accrédités COFRAC ou non COFRAC), dans les plages suivantes : en pression de -1 à 9 500 bars, pour les masses de 1 à 26 000 g, en température de -196 à 1 200°C, et enfin en électricité, courant DC de 0 à 10 mA, tension DC de 0 à 100 V et résistance DC de 0 à 100 Ω. Le laboratoire réalise également des prestations sur site client (en équivalent COFRAC) grâce à un camion instrumenté pour la pression et la température.

" Wika France s'est doté de moyens d’essais et de test dans le domaine de la calibration ainsi que d’un laboratoire étendu pour l’étalonnage en pression, accrédité COFRAC. "

Élargir l’offre
Dans l’organisation commerciale de WIKA France, cela se traduit par l’intervention de deux équipes spécifiques : l’une dédiée aux Process instrumentation (PI) et une division Industriel instrumentation (INI). Dans le premier cas, les produits servent le process, dans le deuxième, ils sont intégrés dans le produit du client.
Pour répondre au mieux aux nouveaux besoins des clients, WIKA France élargit continûment son offre. Claunel Massiès l’illustre d’un exemple tiré de l’hydraulique mobile, marché sur lequel WIKA est très présent. « Il y a quelques années, rappelle-t-il, un fabricant de grue souhaitait faire un contrôle de pression sur ses vérins hydrauliques. Aujourd’hui il souhaite toujours faire ce contrôle mais également un contrôle de force pour connaitre les contraintes sur ses bras articulés. Voilà pourquoi il nous parait intéressant et souhaitable d’intégrer cette offre produit. La commercialisation de cette nouvelle gamme commence en France cette année. » 
Quant au siège de WIKA France, il bénéficie d’une réserve foncière de 2500 m2 supplémentaires. Ce qui laisse augurer du potentiel de développement futur de ses activités…

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