,

EDHD, une histoire de famille

Créée en 1982 par Pascal Désire, la PME familiale EDHD a quarante ans ce mois de septembre 2022. Dans un contexte chahuté, l’entreprise spécialisée dans la distribution et la maintenance hydraulique a su évoluer selon les nécessités tout au long de son parcours. Ses partenariats 
avec Bosch Rexroth ou Pallfinger la situe en bonne place sur un marché très concurrentiel.

Tout a débuté lorsque Pascal Desire a créé Hydro-Maintenance en 1982 à Dunkerque. À l’origine, cette TPE ne comptait que deux personnes et le capital était de 50 000 francs (soit environ 7 600 €). « Hydro Maintenance était orientée vers la réparation d‘engins de TP et de manutention, d’où je suis issu, » rappelle Pascal Désire. Le potentiel à Dunkerque était énorme, grâce notamment aux chantiers navals et aux plateformes de forage : beaucoup d’engins de levage à maintenir qui feront les premiers succès de la TPE. En 1987, Pascal Désire rachète les Etablissements Willaert à l’un de ses fournisseurs, qui prend sa retraite. Les Etablissements sont implantés à Petite-Synthe, à proximité de Dunkerque, et sont spécialisés dans le diesel et dans l’hydraulique. L’établissement prend alors le nom d’EDHD, filiale d’Hydro-Maintenance. « C’était un peu le petit qui reprend le gros : nous étions 6 au sein d’Hydro-Maintenance, et nous rachetions une PME de 13 salariés » raconte Pascal Désire. EDHD (pour Electro-Diesel Hydraulique Distribution) a pour spécialité le diesel, l’électro-diesel et distribue des cartes hydrauliques Bosch et Rexroth. Elle fusionne avec Hydro-Maintenance en 1997. Pour la petite histoire, Bosch et Rexroth étaient deux entités distinctes à l’époque et Pascal Désire doit choisir l’une d’elles. Ce sera Rexroth. Mais cette dernière est rachetée par Bosch plus tard. Pascal Désire revient donc à ses premières amours, Bosch, désormais rebaptisée Bosch Rexroth.

Âge d’or de l’hydraulique
« C’était l’âge d’or de l’hydraulique. Les industriels changeaient les composants hydrauliques sans même regarder » se souvient Pascal Désire. L’année 2002 marque une étape décisive dans le développement de la société, avec l’ouverture d’un site à Hénin-Beaumont, dans la région de Lens, plus tard transféré à Harnes. La société prend alors sa forme définitive : EDHD S.A.S. Hydro-Maintenance. Des aides gouvernementales sont accordées aux entreprises de transformation, après la fin des mines de charbon du Nord de la France. Ces primes vont à des entreprises de plasturgie comme Plastic Omnium, et d’autres positionnées dans le secteur automobile. « Nous nous sommes ngouffrés dans ce créneau pour amener du service à ces nouvelles entreprises » rappelle Pascal Désire. Bien lui en a pris. La croissance est solide : « ça nous a permis de nous développer. » Pascal Désire cherche un terrain plus étendu. C’est à Cappelle-la-Grande qu’il le trouve. De nouveaux bâtiments sont érigés, d’une superficie de 4 000m². La société y installe son siège en février 2003. « C’est à ce moment-là que notre chiffre d’affaires a bondi en étant multiplié par deux » souligne le dirigeant. Deux ans plus tard, un second atelier, de 1 000 m², consacré à l’hydraulique mobile, y est construit. Au total, la PME accroît sa surface de production à 8 000 m², et l’a portée à 12 000 m² à ce jour à Dunkerque.

Quatre sites de production et la confiance des partenaires
EDHD Hydro-Maintenance devient une société par actions simplifiées (SAS).  Pascal Désire a conservé le nom d’EDHD, connu dans le milieu de l’hydraulique. Le groupe réalise actuellement un chiffre d’affaires d’environ 20 millions d’euros, répartis pour 55 % vers l’industrie, 40 % vers les engins mobiles, 5 % en maintenance de pompes à injection électro-diesel et manutention de mini-grues. EDHD produit sur quatre sites : Dunkerque, Harnes, Cambrai (inauguré en 2012) et Hallennes-Lez-Haubourdin, dans la banlieue de Lille, inauguré en 2018. Depuis 2005, un bureau d’études a été créé, qui développe des solutions hydrauliques sur-mesure.
Pascal Désire demeure toujours très entreprenant et, avec un associé, crée S2MH (société de maintenance mécanique et hydraulique) quelques années plus tard, en 2014. Cette PME emploie à présent 40 salariés sur deux sites en Normandie, l’un près de Rouen, l’autre à proximité de Caen : « il s’agit surtout de  maintenance hydraulique et mécanique sur les boîtes de vitesse Voith » précise Pascal Désire.
En 2015, EDHD Hydro-Maintenance est reconnue Centre d’excellence d’HYDAC. En 2021, la société est également certifiée « Excellence Partner » de Bosch Rexroth pour la distribution, puis, en 2022, pour les services. Elle est la 1ère société en France à recevoir de ce partenaire la double certification d’excellence.
Depuis quelques années déjà, EDHD entend accompagner le mouvement vers l’électrification des systèmes. « Nous devons nous adapter » note Pascal Désire. EDHD élargit donc son offre avec l’électrohydraulique, voire l’électrique. Les électriciens hydrauliciens et les automaticiens oeuvrent aux côtés des hydrauliciens purs. 

Le savoir-être autant que le savoir-faire
En étant basé dans le Nord, EDHD connaît parfaitement le tissu local, notamment le lycée polyvalent Beaupré à Haubourdin, sur laquelle il s’appuie pour faire la promotion de l’hydraulique et recruter. « Nous recrutons à présent autant sur le savoir-être que sur le savoir-faire » souligne Pascal Désire. Dans un contexte de l’emploi où les talents se font rares dans l’industrie, et dans l’hydraulique en particulier, c’est notable. «  Nous souhaitons recruter des personnes sachant travailler en équipe, qui ont envie de progresser, de s’investir, et qui partagent nos valeurs. D’où notre approche. » Chez EDHD, les nouvelles recrues travaillent en tandem avec les anciens pour apprendre les bases, la pratique.  Les derniers recrutements chez EDHD ont plutôt un profil d’électricien ou d‘électromécanicien. « Ils ont une grande capacité d’abstraction, lorsqu’il s’agit d’interpréter un schéma » remarque Pascal Désire, « ce qui fait gagner du temps lorsqu’il s’agit d’identifier une panne. Le mécanicien a besoin de toucher, et peut parfois prendre un peu plus de temps avant de s’y retrouver.  Inversement, pour la partie réparation de pompes hydrauliques, nous préférons les mécaniciens. » 

Une PME vraiment familiale
« J’ai la motivation depuis toujours : enfant, nous avions pour habitude de jouer dans la cour de l’entreprise » se souvient Bertrand Désire. « Notre maison se trouvait juste au-dessus de l’entreprise. Nous connaissions tous les salariés. » Les premiers salariés embauchés par Pascal Désire au début des années 80 travaillent d’ailleurs encore aujourd’hui dans la société. Bertrand étudie la mécatronique, et devient ingénieur dans le domaine. Après une première expérience professionnelle à Berlin, chez Bombardier, il rejoint EDHD en 2014 dans l’optique de reprendre la société. Il se forme à la maintenance hydraulique en prenant la responsabilité de l’atelier de réparation pendant 4 ans. Il devient Directeur en 2018 et entreprend une réflexion stratégique sur les évolutions possibles de la PME. C’est l’époque où EDHD investit dans un nouvel ERP. Première brique d’une révolution tranquille qui lui permet de rationnaliser sa production. Parallèlement, Rémi Désire, cousin de Bertrand, prend les rênes de l’agence d’Hallennes-lez-Haubourdin. Les sœurs de Bertrand, Anne et Laurence, sont respectivement en charge des affaires juridiques et des relations publiques. L’industrie 4.0 et son cortège d’objets connectés font déjà beaucoup parler d’eux. Bertrand n’a pas attendu pour suivre ces évolutions de près. « Ce sont des sujets que j’évoque régulièrement avec nos fournisseurs principaux, Bosch Rexroth et Hydac. Cette orientation implique des choix d’investissements en termes d’outillage et de recrutement. » EDHD continue ainsi d’innover et de moderniser ses outils de travail. La société a notamment investi dans un atelier dans le domaine électrique. Anne Désire, responsable des affaires juridiques, qui s’investit également dans la communication de l’entreprise, ajoute : « nous sommes en train de déployer des tablettes numériques, qui facilitent la diffusion des données parmi les techniciens et vers le client. De plus, nous avons aussi fait l’acquisition d’un banc d’essai extrêmement performant qui permet de remonter et recevoir les données en temps réel. Cela représente un investissement conséquent, de l’ordre de 400 000 euros, financé en partie avec le Fonds européen de développement régional (FEDER), et la région Hauts-de-France. Des solutions comme la Cytropac, centrale connectée fabriquée par Bosch Rexroth, représentent l’hydraulique du futur. Est-ce que nous nous faisons concurrence à nous-même en commercialisant ce type de solutions ? Pas du tout ! Nous accompagnons le mouvement vers l’électrique avec ce type de produit. » En étant, en 2021, le 1er distributeur français de la marque Bosch Rexroth à vendre la centrale CytroPac, EDHD fait un bond qualitatif : « il y a eu un apprentissage dont tout le monde a profité : EDHD, le fabricant et le client » souligne Anne Désire. Autant d’outils qui ne remplacent pas l’humain, mais qui l’aident. Comme le souligne Anne Désire : « EDHD tire aussi sa force d’une bienveillance constante dans les rapports au sein de la famille, et des liens tissés au fil des années avec les membres des équipes. » Pascal et Bertrand Désire insistent : « EDHD réussit certes parce qu’il y a une direction, mais aussi grâce à toute son équipe de techniciens, sans qui la société ne progresserait pas. »

Les derniers articles sur ce thème