Pour répondre à un besoin accru de main-d’œuvre, NTN-SNR a lancé son parcours de formation professionnelle en novembre dernier. Implantée au cœur de son site aéronautique en Haute-Savoie, cette « école » pas comme les autres est ouverte à tous. La deuxième session, consacrée au montage, a eu lieu en mars 2020. Au total, trois sessions de recrutement auront lieu chaque année.

La première session a concerné la rectification, la deuxième, en mars dernier, s’est intéressée au montage. © NTN-SNR

À la pointe de la technologie, l’aéronautique fascine. En avril 2018, l’extension de l’usine dédiée d’Argonay de NTN-SNR, spécialiste de la conception et de la fabrication de roulements, confirmait la croissance de ce marché stratégique. C’est ici, à côté d’Annecy, que sont notamment conçus les roulements destinés aux clients de l’aéronautique. Ainsi, les motoristes Safran, Pratt & Whitney, Rolls Royce ou General Electric font appel à ces solutions pour les moteurs d’avions Airbus et Boeing. 
Les roulements du groupe sont également présents dans les rotors, turbines et transmissions de nombreux modèles d’hélicoptères. NTN-SNR est aussi cœur de l’aventure spatiale avec les turbopompes équipant Ariane 5.
Afin de répondre aux besoins de ce marché en constante évolution, NTN-SNR a décidé de créer l’Ecole des Applications des Roulements NTN-SNR (LEARN). Objectif : accueillir, former et intégrer les futurs rectifieurs et monteurs certifiés de l’entreprise. 

Une nouvelle rampe de lancement
NTN–SNR a pour objectif d’embaucher plus de 150 personnes sur son site aéronautique d’Argonay d’ici 2023. Une prévision liée à l’augmentation de la demande, de la mobilité mais également aux départs à la retraite. C’est pourquoi NTN-SNR propose un accompagnement spécifique à toute personne souhaitant découvrir ce nouveau secteur et avoir une certification spécifique.
Baptisé Learn, le projet est épaulé par des partenaires nationaux et locaux (Ministère du travail, Pôle Emploi, Chambre syndicale de la métallurgie, l’UIMM, ADEFIM74, OPCO2I, Université Savoie Mont-Blanc ou pouvoirs publics locaux). 
Ce parcours de formation professionnelle proposé se compose de trois blocs d’actions : le recrutement et l’intégration dans l’entreprise, la formation aux fondamentaux techniques et l’évaluation des compétences professionnelles, enfin la mobilisation des équipes NTN-SNR pour faciliter la transmission et l’évaluation des compétences.

NTN–SNR a pour objectif d’embaucher plus  de 150 personnes sur son site aéronautique  d’Argonay d’ici 2023.© NTN-SNR

Recrutement sans CV
D’une durée de 13 mois, ce parcours d’intégration et de formation, structuré, progressif et 100 % pratique, est ouvert à tout candidat de plus de 18 ans, sans condition de qualification ou diplôme.
Aucun CV n’est demandé pour les phases de recrutement, composées d’une demi-journée de tests pratiques de logique et de montage (4 h), puis d’un entretien de motivation.
Une fois les sélections passées, Learn se structure en deux étapes : un tronc commun d’un mois à temps plein et entrant dans le cadre de la POE de Pôle Emploi (Préparation Opérationnelle à l’Emploi).
Ces 140 h d’immersion - avec 2 jours d’observation en atelier - permettent au candidat de découvrir les activités de montage et de rectification afin d’affiner son orientation de formation en fonction de ses aptitudes et de ses aspirations.
Deuxième étape : une formation spécifique de 12 mois soit en rectification, soit en montage aéronautique (contrat d’alternance CDD ou CDI). Ces spécialisations, formant chacune entre 8 et 12 alternants par session, sont assurées par des experts NTN-SNR et des formateurs extérieurs.

Objectif : le Certificat de Qualification
À l’issue de ce parcours qualifiant en techniques d’usinage, les nouveaux rectifieurs et monteurs obtiennent un Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie (CQPM) attestant de l’acquisition de capacités professionnelles pour les métiers de l’industrie, sur le plan national.
Les phases de recrutement ont démarré dès octobre 2019. Si ce premier cycle de formation n’a concerné que la spécialisation « rectification », le montage est devenu également accessible depuis la deuxième session d’intégration, en mars 2020. Une belle opportunité pour le bassin d’emploi annécien…

Max Pichard, responsable du projet Learn : 
« L’aéronautique est un travail d’orfèvre »

Max Pichard est en charge du projet Learn au sein
de la direction des ressources humaines NTN-SNR. 

Max Pichard © NTN-SNR

Quels sont les profils recherchés en priorité pour intégrer le parcours LEARN ?
Nous ne recherchons pas un type de candidat en particulier. Au contraire, nous ouvrons notre recrutement à toute personne motivée et présentant les aptitudes nécessaires : jeune sans qualification ou sans diplôme, reconversion, reprise d‘activité après un congé maternité/paternité ou suite à une perte d’emploi. En revanche, pour accéder aux tests de recrutement, il faut avoir 18 ans minimum et accepter de travailler en 2*8.

Quelles sont les étapes de recrutement ?
Nous allons suivre la démarche MRS (Méthode de Recrutement par Simulation). Cela signifie que nous ne demandons aucun CV. Le savoir-être, la motivation et les aptitudes logiques et pratiques feront la différence, non l’expérience ou les diplômes. La première étape consiste en une demi-journée (4h) de tests pratiques comme le montage et démontage d’objet avec mode d’emploi ou la lecture d’un plan technique par exemple. Ce n’est qu’après ces mises en situation réelle, et selon leur résultat, que les candidats seront reçus en entretien, toujours sans CV. C’est l’épreuve finale avant d’intégrer le parcours LEARN.

Vous parlez de « parcours » et non « d’école ». Pourquoi ?
Il est important de différencier LEARN d’une école classique. D’abord parce que notre formation est 100 % pratique et non théorique, à l’inverse de l’image d’un élève assis derrière un bureau à regarder le tableau. Les apprenants seront en immersion, en situation réelle. Ensuite car la validation du parcours n’est pas un « diplôme » mais un certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM).

Pouvez-vous nous expliquer les métiers de monteur et rectifieur ?
Sur la base du plan et programme préétablis par le service méthodes, l’usineur spécialisé en technique rectification (dit « rectifieur/se ») pilote un moyen d’usinage dont l’outil de coupe est une meule. Il a pour mission de réaliser des petites séries (50 pièces environ) en adaptant les conditions de marche, les réglages et le changement d’outils. Le ou la monteur/se aéronautique part aussi d’un plan et réalise les différentes opérations de la gamme de montage comme : le contrôle visuel, dimensionnel, l’assemblage, le marquage, le conditionnement…

Quelles sont les caractéristiques de l’aéronautique ?
L’aéronautique est un secteur particulier. Il ne s’agit pas d’un métier d’usinage comme les autres. Ici pas de travail à la chaîne. C’est l’homme qui fait le travail et non la machine comme on pourrait le caricaturer. Les pièces sont de grandes valeurs et réalisées en petites quantités, telles des pièces d’orfèvrerie. C’est pourquoi, pour travailler dans l’aéronautique, il faut aimer la précision, la discussion technique, la vérification, la mesure, être autonome et avoir un grand sens des responsabilités. La qualité est au cœur de notre métier. Il ne faut pas omettre que les pièces fabriquées ici sont destinées aux Boeing, Airbus (avions et hélicoptères) et même à la fusée Ariane !

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