Un consortium pour remplacer les PFAS
Coordonnés par l’alliance Carnot Cetim – MICA (réseau des Carnot sur l’Industrie du Futur), un consortium Carnot vient d’être lancé afin de mettre à profit l’expertise de ses membres pour développer de nouveaux revêtements antifriction alternatifs aux polymères fluorés. Ces substances sont utilisées dans de nombreuses applications industrielles, notamment en mécanique.
Le consortium est constitué de trois laboratoires alsaciens du CNRS : le laboratoire d’innovation moléculaire et applications (LIMA), l’institut de science des matériaux de Mulhouse (IS2M) et l’institut Charles Sadron (ICS), du Centre technique des industries mécaniques (Cetim) et de l’industriel APS Coating Solutions. La création de ce consortium s’inscrit dans le contexte du projet actuellement à l’étude au niveau européen de réglementation restrictive sur les PFAS, dits « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement et de leurs impacts sanitaires potentiels. Face à ces enjeux, la France applique progressivement des mesures d’interdictions d’utilisation, avec une première phase en vigueur depuis le 1er janvier 2026 concernant les cosmétiques, les farts et les textiles d’habillement.
Une place stratégique
Les PFAS occupent une place stratégique dans de nombreux secteurs industriels (chimie, agroalimentaire, médical, pharmaceutique, mécanique) grâce à leurs propriétés facilitant le glissement pour de nombreuses applications dans des environnements exigeants. Or, le frottement et l’usure représentent un enjeu économique majeur. Dès les années 1990, les coûts liés à l’usure et aux frottements étaient estimés à 26 milliards d’euros et les pertes liées aux frottements pourraient aujourd’hui être réduites de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.
Même si le recours aux composés fluorés contribue largement à limiter ces pertes, leur statut de PFAS impose aux industriels d’anticiper la transition réglementaire afin de développer des alternatives capables de maintenir des niveaux de performance équivalents aux solutions actuelles.
Un programme de recherche structurant
Trois laboratoires du CNRS et un laboratoire du Cetim, aux expertises complémentaires, sont mobilisés au cœur de ce projet. Le Laboratoire d’Innovation Moléculaire et Applications intervient en amont, en concevant et en synthétisant de nouvelles briques moléculaires destinées à remplacer les PFAS, qu’elles soient fluorées sans PFAS ou entièrement dénuées d’atomes de fluor.