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WEG France prend ses aises près de Lyon

La filiale France du brésilien WEG vient d’emménager dans ses nouveaux locaux, à Saint-Quentin Fallavier, près de Lyon. Davantage d’espace de stockage, mais aussi des activités reprises en interne, à terme, comme l’atelier de montage et la cabine de peinture, qui permettront à WEG France de réduire ses délais de livraison en maîtrisant ces étapes. Visite guidée par Yves Jamet, responsable marketing.

Sur 6540 m², le bâtiment dispose de plus de 10 mètres utiles de hauteur sous plafond, ce qui double la capacité de stockage. © Karim Boudehane

Au milieu d’une noria de semi-remorques, la filiale France de WEG prend peu à peu possession de ses murs, dans la zone industrielle de Chesnes, à Saint-Quentin Fallavier (près de Lyon). Le lieu est en effet une plateforme logistique de première importance. Les voisins de WEG ne sont autres qu’UPS, par exemple. En dépit d’un contexte chahuté cette année, WEG France ne s’est arrêté que 3 jours, en mai dernier, pour déménager l’ensemble de son stock de moteurs, motoréducteurs, variateurs et systèmes d’entraînements. Si la crise sanitaire a bouleversé légèrement le planning initial, le transfert des moteurs s’est déroulé en temps et en heure. Sur 6540 m², le bâtiment dispose de plus de 10 mètres utiles de hauteur sous plafond, ce qui double la capacité de stockage et permet d’accueillir l’intégralité du stock. Jusqu’alors, 30% de ce dernier se situait en effet à l’extérieur de l’entreprise. À moyen terme, un atelier de montage de motoréducteurs ainsi qu’une cabine de peinture prendront place dans l’entrepôt. Ces prestations sont actuellement sous-traitées. Le fait de maîtriser en interne ces opérations permettra à l’entreprise de diminuer ses délais de livraison. L’entrepôt dispose en outre de 5 quais de chargement dont 3 ont été mis à niveau, en juin dernier, offrant ainsi une capacité de charge utile de 12 tonnes. Les 1000 m² de bureaux complètent la surface disponible, répartis en open spaces, cuisine, salles de réunion ou de vidéo-projection.

La maîtrise de la production
WEG France a réalisé, en 2019, près de 30,5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce dernier devrait être stable pour l’année 2020, malgré la crise. Selon Yves Jamet : « les mois d’été ont été assez dynamiques,»  se réjouit-il, bien que WEG France n’atteigne pas ses objectifs en constante progression assignés par le groupe. Une prouesse due notamment au fait que l’entreprise ne s’est quasiment pas arrêtée, et à une confiance sans faille de ses clients. Créée en 1998, WEG France est une des 36 filiales du groupe brésilien WEG, qui fêtera ses 60 ans en 2021.  « À la création de la filiale française se trouvait la volonté du groupe de se renforcer en Europe » indique Yves Jamet.Actuellement, WEG France emploie une cinquantaine de salariés dont une dizaine de commerciaux itinérants et sédentaires (y compris ceux travaillant pour la structure HVSE, High Voltage Solutions Europe). WEG a eu le temps de recruter quatre commerciaux depuis fin 2019.

Le groupe WEG en chiffres

  • CA en 2019 : 13,3 milliards de R$ (reals)
  • 45 sites de fabrication dans le monde
  • 70 000 moteurs fabriqués par jour
  • 31800 salariés dans le monde
  • R&D : 2,54 % du CA en 2019

Une dynamique due en particulier au talent d’exportateur du groupe et de la filiale française. Cette dernière entretient notamment des liens étroits avec le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie). Mais elle doit aussi ses bons résultats à l’innovation : « le gros de notre CA vient du moteur électrique. Nos produits étant de longue date normalisés CEI, pour les moteurs basse tension, WEG a pu s’adapter au marché européen. De plus, le groupe possède une R&D performante, et met un point d’honneur à maîtriser la fabrication de ses moteurs de A à Z » souligne Yves Jamet.

Des investissements ciblés
Un aspect non négligeable pour le groupe, qui soigne sa communication : le recyclage des matériaux. « Les chutes de tôles ou de fil de cuivre sont recyclées pour resservir à d’autres moteurs, et ce depuis de nombreuses années » souligne Yves Jamet. WEG a ainsi été une des premières entreprises à être ISO 50001. » Poursuivant sur cette lancée, le groupe est déjà prêt pour la prochaine règlementation sur le rendement des moteurs électriques, qui entre en vigueur au 1er juillet 2021. À l’origine du 1er règlement CE640/2009, les utilisateurs finaux étaient plus demandeurs d’efficacité énergétique que les constructeurs eux-mêmes. Pour autant, cette demande finit par se répercuter sur les OEM, avec lesquels travaille étroitement le groupe WEG, qui s’adapte de près aux divers règlements en vigueur dans le monde. Pour demeurer dans la course, WEG investit, à hauteur de 51 %, dans des startups dédiées aux algorithmes et à l’intelligence artificielle : PPI-Multitask et V2COM en 2019, Mvisia et BirminD en 2020.

Prêt pour le 4.0
Sur le marché, la gamme phare de WEG est le moteur asynchrone W22. Ce moteur triphasé propose un rendement optimisé, de la classe IE2 à IE4. Jusqu’à 575 V de tension, le moteur standard peut être piloté en variation de fréquence. Ce modèle préfigure le choix du groupe de s’orienter vers des produits pensés en termes d’éco-conception : compacts, haut rendement et coût d’exploitation plus faible. Le capot de ventilation permet par exemple un meilleur refroidissement grâce une conception aérodynamique. Autre développement récent : le WEG motor scan mesure les vibrations, la température et le temps de fonctionnement du moteur électrique. Le moteur est pour cela pourvu d’un capteur, qui envoie les données vers le cloud via un smartphone ou une passerelle informatique. Les données sont analysées sur l’écran du smartphone, ou vers le portail WEG IoT pour une analyse plus approfondie. De quoi diminuer les temps d’arrêt et optimiser la maintenance. Industrie 4.0 friendly, en somme… 

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