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IFC, l’hydraulique de terrain

Créé en 1973, l’institut de formation continue (IFC) constitue la principale voie d’acquisition de compétences dans le domaine de l’hydraulique. Basé à Bois-le-Roi, en Seine-et-Marne, il accueille chaque année entre 2100 et 2300 stagiaires, issus des entreprises. Il emploie dix salariés dont sept formateurs et trois commerciaux et personnel administratif répartis sur deux sites, Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) et Roanne (Loire), dédié à l’hydraulique mobile et lancé en 1989.

Le 11 septembre 2001 (cela ne s’invente pas !), Laurent Noblet, directeur de l’IFC, signe avec son ancien employeur, la compagnie Shell, pour le rachat de l’institut. L’IFC, filiale du groupe pétrolier, est à vendre. Laurent Noblet souhaite changer de poste, et saisit l’opportunité en rachetant l’organisme. Depuis la création de l’IFC, le paysage a nettement évolué : « le nombre de stagiaires, sur le long terme, a tendance à baisser. Il y a moins d’effectifs dans les entreprises, ce qui a pour conséquence directe moins de stagiaires et également moins de possibilité de libérer ceux qui sont en poste. »

Veille permanente
Un système de veille a été mis en place à l’IFC qui fait partie de la démarche de qualité de l’organisme : Laurent Noblet participe en premier lieu aux réunions des organisations professionnelles (Artema, Cisma, Cetim). Les entreprises clientes complètent par ailleurs cette veille, en faisant part de leurs nouveaux produits.
Une fois formés, les stagiaires, eux, conservent un lien avec l’IFC : une adresse email est à leur disposition pour toute question complémentaire. Ils bénéficient ainsi d’une assistance gratuite après leur formation.

Formation à distance : à la marge
Pour le directeur de l’IFC, cette approche répond à des demandes très ponctuelles. « La formation en ligne se déroule dans une salle virtuelle depuis environ 10 ans. Il y a bien un formateur en face. Nous en faisons très peu, car je considère que l’intérêt pédagogique est faible. Mais il y a une demande pour des clients qui peuvent difficilement se déplacer. Les derniers en date sont issus d’une PME basée sur l’île de la Réunion. » Selon Laurent Noblet, « en deux heures de formation à distance, vous avez le sentiment de n’avoir rien dit, quand vous êtes formateur. C’est très bien pour une initiation. Nos stages, à l’IFC, peuvent durer 56 heures. Envisager un tel contenu dispensé à raison de deux heures par semaine paraît peu réaliste. » 

Quatre champs de compétences

Hydraulique stationnaire, hydraulique et électricité mobile, lubrification, fauchage et élagage : tels sont les quatre domaines de formation abordés par l’IFC à Bois-le-Roi et Roanne. Le premier aborde plus spécifiquement des aspects de sécurité (consigner une installation hydraulique), détaille les technologies en présence et les symboles correspondants, les pratiques et réglages, la maintenance, ou encore le tuyautage et le raccordement. En hydraulique mobile, l’IFC abordera en plus les technologies et réglages propres à ce domaine, ou encore l’hydraulique proportionnelle mobile. Le thème de la lubrification évoque le sujet tant pour l’hydraulique stationnaire que mobile. Il y est question du graissage centralisé, des fluides hydrauliques et des fluides de coupe. Enfin le fauchage et l’élagage permet de faire le point sur un ensemble de fauchage-débroussaillage sur tracteurs conventionnels. Dans ce module sont détaillées l’utilisation de machines de fauchage-débroussaillage radiocommandées, l’utilisation d’un ensemble d’élagage et d’un ensemble de fauchage-débroussaillage sur tracteurs de pente. Ces derniers modules sont approuvés par les principaux constructeurs.

Sans compter l’absence des équipements qui permettent aux stagiaires de manipuler, d’expérimenter directement… Néanmoins, la formation à distance permet de traiter un sujet très étroit ou un produit particulier.

90 % de la demande
Au sein de l’IFC, les formateurs sont salariés, à plein temps : « Quel que soit leur âge, ils viennent tous du terrain, sans exception. Ils bénéficient de quatre à six mois de formation à plein temps, puis leur perfectionnement se poursuit durant un an au rythme des stages et de l’acquisition des compétences. Nous en avons recruté trois ces trois dernières années, pour pallier les départs en retraite » indique Laurent Noblet.
« Notre objectif, c’est la satisfaction de la demande des entreprises. Celle-ci porte essentiellement sur l’hydraulique industrielle et mobile, pour près de 90 %. Sur cette proportion, l’hydraulique industrielle représente la moitié, à part égale avec l’hydraulique mobile. Mais nous proposons également des modules autour des engins de fauchage, parce que les collectivités territoriales ont constaté une augmentation de la casse sur ce type d’engins. Dans ce cas, nous abordons la conduite et la maintenance d’engins. Nous proposons, par ailleurs, un volet consacré à la lubrification et aux systèmes de graissage centralisé, et enfin de l’assistance technique : au-delà du simple conseil, nous pouvons être missionnés pour un audit de sécurité ou un essai de composant. »

Afin d’être proche des réalités du terrain, l’IFC possède un parc d’équipements mis à la disposition des stagiaires lors des différents modules de formation. Ces équipements permettent de régler, diagnostiquer et dépanner dans des conditions réelles. De plus, la plupart de ces équipements peuvent être déplacés en entreprise pour les formations intra-entreprise.

Réforme de la formation : c’est reparti
« Le premier écueil, c’est l’arrêt brutal du financement, déplore Laurent Noblet. Pour autant, il y avait une nécessité d’écrémer les organismes de formation. » L’IFC travaille « plutôt avec de grands groupes, qui raisonnent en fonction d’enveloppes budgétaires dédiées : Safran, le groupe PSA, Renault ou Constellium. » En clair, réforme ou pas, lorsque les besoins de formation se font sentir, ces groupes envoient leurs stagiaires à l’IFC. « Nous avons connu un manque à gagner durant un peu plus d’un an, à l’entrée en vigueur de la réforme, mais c’est bien reparti depuis » note le responsable de l’institut. Le deuxième volet de cette réforme touche aux formations certifiantes : l’IFC a pris les devants, et l’organisme est certifié NF Service Formation. « Cette certification nous a permis d’obtenir le Datadock, et devrait nous permettre, dans les prochains mois, d’obtenir la certification Qualiopi, sur la base d’un audit complet, condition obligatoire pour pouvoir proposer des formations éligibles au CPF sur le site moncompteformation.gouv.fr. » L’IFC fait donc le pari de la formation certifiante. À suivre… 

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