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Transmission de puissance : les signaux sont au vert

Après un millésime 2016 qualifié de mitigé du fait de la mauvaise tenue des marchés à l’export, la profession des transmissions de puissance prévoit un accroissement du chiffre d’affaires global de ses adhérents de l’ordre de 3% cette année. Les facturations sont orientées à la hausse dans tous les métiers, en France comme à l’étranger, à tel point que l’on commence à percevoir certaines tensions sur les délais de livraison. Fort de l’expérience des dernières années, Artema entend cependant garder la tête froide et accentue ses efforts pour la promotion des activités de ses membres.

Après une année 2015 qui s’était achevée sur une hausse de 2%, en parfaite conformité avec les prévisions, 2016 n’a pas répondu aux attentes des entreprises spécialisées dans la transmission de puissance. L’accroissement du chiffre d’affaires des adhérents d’Artema atteindrait ainsi péniblement un petit 1% l’année dernière. En cause, « le retournement de l’activité à l’export, qui a tiré les résultats vers le bas alors que le marché français, quant à lui, s’est révélé positif pour tous nos métiers », analyse Laurence Chérillat, déléguée générale du syndicat des industriels de la mécatronique Ce bilan mitigé, affectant une profession qui exporte, bon an mal an, quelque 50% de sa production, est la conséquence directe du ralentissement dans les pays émergents (Chine, Brésil, Russie) ainsi que du repli de secteurs tels que les mines et carrières, le pétrole et le gaz ou le machinisme agricole, sources de grands débouchés pour les membres d’Artema. A l’inverse, la reprise de l’investissement en France a été soutenue par des mesures telles que le suramortissement dont les effets positifs continuent de se faire sentir. 

Evolutions contrastées
Par type d’activités, les transmissions pneumatiques, aiguillonnées par le développement des automatismes et des systèmes mécatroniques, poursuivent un retour en force initié il y a deux ans. Leur baisse à l’exportation (- 2,4% en 2016) a été plus que compensée par la bonne tenue du marché français (+ 2,5%). Fiable et compétitive, la technologie pneumatique revient sur le devant de la scène à la faveur des développements en direction de l’industrie du futur et de l’automatisation des usines qui en découle. Le changement de nom du groupe « Transmissions pneumatiques » d’Artema en « Transmissions et automatismes pneumatiques » est particulièrement significatif à cet égard. Très dépendantes de la bonne santé des industries lourdes et du machinisme agricole,  les transmissions hydrauliques, quant à elles, n’ont pas bénéficié de la même dynamique. Et leur légère progression dans l’Hexagone (+ 0,5%), conséquence d’une reprise dans le domaine des travaux publics, a été loin de contrebalancer la chute de 6 % de leur chiffre d’affaires subie sur les marchés étrangers. Un repli de même ampleur à l’export a affecté les transmissions mécaniques qui ont néanmoins progressé de + 1,6% sur le marché intérieur. Confortés par la bonne tenue du marché automobile, les roulements, quant à eux, tirent leur épingle du jeu sur les deux tableaux avec des accroissements quasi similaires en France et sur les marchés export (+ 1,7%). Les guidages linéaires ont bénéficié de la reprise des investissements en France et ont affiché une progression de 3% sur le marché français l’année dernière. Une performance qui semble se confirmer début 2017. Le secteur de l’étanchéité a affiché, en ce qui le concerne, un encéphalogramme plat en 2016, fortement affecté par la baisse des commandes sur les machines tournantes dans l’industrie, particulièrement dans le domaine du pétrole et du gaz. 
Enfin, les fixations, qui ont intégré Artema il y a deux ans, poursuivent et accentuent leur progression. Après 2,5% en 2015, c’est une augmentation de 3,5% qui a été enregistrée l’année dernière du fait de l’accroissement des commandes en provenance du secteur automobile - qui représente plus de 50% de leurs débouchés – ainsi que de l’aéronautique et du bâtiment.

Optimisme « raisonnable »
Pour 2017, Artema se veut raisonnablement optimiste. En dépit du fait que le marché français demeure bien orienté, un certain manque de visibilité à moyen terme amène la profession à s’interroger sur l’ampleur de la reprise et sa pérennité. Artema demeure ainsi prudent dans ses prévisions et pronostique un accroissement global d’environ 3% pour cette année. Un résultat qui serait, en tout état de cause, supérieur à celui attendu par la mécanique française dans son ensemble (+ 1,5 à + 2%)… Il n’empêche, « l’ensemble des métiers couverts par notre organisation professionnelle sont orientés à la hausse depuis le début de 2017, en France comme à l’exportation. Ce mouvement est quasi-général. Tous les secteurs et tous les pays repartent de l’avant », se réjouit Laurence Chérillat. Selon les domaines, la progression des facturations se situe à fin mars entre + 2,5 % et + 6 % par rapport à la même période de l’année dernière. La hausse atteint même + 8 % pour les transmissions hydrauliques sur le marché français, bénéficiant en cela du redémarrage progressif des commandes de l’industrie lourde et du machinisme agricole. Certaines tensions commencent même à apparaitre concernant les délais de livraison qui ont tendance à s’allonger un peu partout en Europe. Tensions également sur le marché du travail dans la mesure où le développement de l’activité des spécialistes de la transmission de puissance devrait se traduire par de nouvelles embauches. Or, « la profession a du mal à trouver le personnel qualifié dont elle a besoin », déplore Laurence Chérillat. L’attractivité des métiers et la formation constitueront donc des thèmes majeurs de réflexion pour Artema au cours des mois à venir. 

Formation
D’ores et déjà, d’importantes actions sont en cours dans le cadre de partenariats conclus avec le Cetim concernant trois formations dans le domaine des transmissions mécaniques, une autre destinés aux bureaux d’études sur le thème des garnitures mécaniques et le lancement l’année dernière d’une formation en étanchéité hydraulique et pneumatique. Suite à la mise sur pied d’une session « Initiation aux transmissions mécaniques » avec le Greta Haute-Marne, Artema souhaite maintenant lancer un module « Expert » pour ceux qui souhaite approfondir leurs connaissances en la matière. Les actions de formation se poursuivent également dans le domaine hydraulique, notamment avec les mentions complémentaires développées avec le lycée professionnel Alain Savary de Wattrelos et la création d’une licence en hydraulique avec l’Université d’Arras. Toujours concernant l’hydraulique, Laurence Chérillat se réjouit du fait que six CCPM (Certificats de compétences professionnels de la métallurgie)ainsi que 6 blocs de compétence hydraulique  aient été certifiés en mars dernier et inscrits à l’inventaire et au Réseau national des compétences professionnelles (RNCP), ouvrant ainsi la voie à leur possibilité de financement. Enfin, et suite à la récente réforme de la formation professionnelle, de nouvelles procédures ont été élaborées avec l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) pour la certification des centres de formation. « Artema a été la première organisation professionnelle à s’inscrire dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle et a en quelque sorte essuyé les plâtres », fait remarquer Laurence Chérillat. De fait, la formation a toujours constitué un axe majeur dans les actions menées par Artema, que ce soit dans le but de promouvoir ses métiers auprès des jeunes ou pour accompagner ses adhérents dans leur mouvement vers l’industrie du futur. 

Analyses de marchés
Le syndicat professionnel s’attache également à fournir à ses membres un maximum de données économiques et techniques afin de les aider à appréhender au mieux les évolutions d’un marché fluctuant par excellence. Artema élabore de nombreuses analyses du marché français concernant l’ensemble des secteurs d’activités. Une action complétée par des « rendez-vous marchés »organisés régulièrement avec le témoignage de grands clients de la profession. La veille technologique sera également renforcée cette année. Selon Laurence Chérillat, « c’est le rôle d’Artema que d’être constamment en alerte sur les textes réglementaires en préparation et leurs implications sur l’activité de ses adhérents ». C’est le cas par exemple des développements liés aux substances chimiques (Règlement Reach…) ou encore du devenir des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)… Le développement de partenariats avec d’autres organismes est également toujours à l’ordre du jour, tant Artema est attaché au partage d’expérience et à la mise en commun de compétences complémentaires. C’est ainsi qu’un accord de coopération concernant notamment la fiabilité des systèmes pneumatiques a été récemment signé avec le laboratoire coréen Kimm, spécialiste en la matière, qui donnera lieu à des études et essais menés en coopération avec le Cetim et l’Université d’Angers. Des essais concernant les transmissions mécaniques seront par ailleurs réalisés avec l’Université de Gand, en Belgique, tandis qu’un travail collaboratif avec Supméca dans le domaine des frottements donnera lieu à un nouveau guide consacré à ce thème à l’automne prochain.

« En alerte permanente »
Autre domaine à propos duquel Artema se déclare « en alerte permanente » : l’efficacité énergétique. Le syndicat professionnel privilégie deux axes principaux à cet égard. D’abord la neutralité technologique, car « il n’y a aucune raison à ce qu’une loi ou une norme décide de la technologie à employer », estime Laurence Chérillat. A cet égard, Artema demeure vigilant concernant l’application de la directive éco-conception au secteur de la Machines-outils en cours d’étude à Bruxelles afin d’éviter toute discrimination d’une technologie par rapport à une autre. Ensuite, la promotion d’une approche « Systèmes » dans la mesure où le simple assemblage de composants efficaces séparément d’un point de vue énergétique ne garantit nullement que le système le soit également dans son ensemble. D’une manière générale, Artema entend continuer à faire entendre sa voix concernant l’élaboration des nouvelles normes. « De plus en plus de projets intégrant l’efficacité énergétique arrive à l’ISO et il convient de rester vigilant à cet égard », insiste Laurence Chérillat.  Enfin, le syndicat professionnel veille à la bonne définition des certificats d’économie d’énergie (CEE) dans le cadre de l’ATEE (Association des techniciens de l’énergie et de l’environnement). Artema se félicite notamment de la publication de la fiche révisée sur les transmissions mécaniques et de la validation de celles concernant les systèmes hydrauliques Stop & Start. Citons enfin l’édition d’un guide sur l’efficacité énergétique des transmissions pneumatiques ainsi que le travail en cours sur les audits énergétiques pour lequel Artema veille à ce que tous les types d’énergie, dont l’air comprimé, soient pris en considération. « L’ensemble de ces actions prouvent, s’il en était besoin, que nos professions ont maintenant complétement intégré les problématiques liées à l’efficacité énergétique », en conclut Laurence Chérillat.

Sujet majeur
D’autres développements sont prévus dans un proche avenir. « Nos métiers sont au cœur de toutes les évolutions. Pas une machine ne pourrait fonctionner sans nos produits », fait remarquer Didier Sépulchre. Le nouveau président d’Artema souhaite accroître la visibilité des composants et systèmes fabriqués par les entreprises de la profession. Et plus particulièrement, capitaliser sur leur savoir- faire en matière de matériaux (tribologie) ainsi que sur l’expérience de l’organisation professionnelle dans le domaine de la mécatronique, thème intimement lié à l’industrie du futur. Il est vrai que le Syndicat des industriels de la mécatronique, qui fête cette année son dixième anniversaire, peut se targuer d’une réelle antériorité dans ce domaine… 
C’est notamment sur cette base qu’un des sujets majeurs développés au cours des deux prochaines années portera sur la maintenance prédictive.
« Un grand projet consacré à ce thème est en cours d’étude et sera dévoilé à l’occasion des prochaines Journées Artema de la Mécatronique (JAM) qui se tiendront à Bordeaux les 28 et 29 septembre prochain », annonce Laurence Chérillat. Affaire à suivre, donc... 

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