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Transmission de puissance : vers une activité étale en 2013

Après deux années de forte reprise, le millésime 2012 s’est révélé décevant pour la profession des transmissions de puissance. Et le ralentissement observé depuis l’automne ne permet pas de pronostiquer une reprise significative en 2013, l’absence quasi-totale de visibilité jouant un rôle dissuasif sur les projets d’investissements. Dans ce contexte, les spécialistes du secteur misent sur la recherche, l’innovation et la montée en gamme de leurs produits grâce à la valeur ajoutée apportée par la mécatronique. Et s’appuient sur les nombreuses actions développées par leur syndicat professionnel.

« L’année 2012 a été un peu moins bonne que prévu », confesse-t-on à Artema. « Alors que nous avions établi des prévisions de croissance pourtant très raisonnables, tournant autour de 2%, la réalité s’est située davantage entre 0 et – 1% », précise Laurence Chérillat. La déléguée générale du syndicat des industriels de la mécatronique explique ce résultat par « le coup de frein ressenti dès le mois de septembre dernier ayant entraîné, sur la fin de l’année, un niveau de facturation nettement en retrait par rapport à celui du dernier trimestre 2011 ». Les entrées de commandes ont également commencé à marquer le pas à partir de cette période. 

L’export, vecteur de croissance
Ce résultat global reflète cependant des situations fortement contrastées selon les professions représentées par l’organisation professionnelle. Ce sont les roulements qui, malgré une meilleure tenue à l’exportation, accusent le plus fort recul (- 5%), le marché automobile, en particulier français, poursuivant son déclin et l’industrie en général se repliant dès le mois de septembre. Les transmissions pneumatiques, quant à elles, ont constaté une baisse des commandes dès le mois d’avril et subissent un repli de – 3,5% en France sur l’ensemble de l’année dernière. Pourtant beaucoup plus sensible aux variations à court terme, l’étanchéité n’a pas enregistré de grande rupture en 2012 et a réussi à maintenir une activité pratiquement équivalente à celle de l’exercice précédent. Côté positif, les transmissions mécaniques ont vu leur volume d’affaires s’accroître de 1%  l’année dernière malgré la baisse des commandes constatée au dernier trimestre. Enfin, la palme revient aux transmissions hydrauliques, dont le score (+ 5%) s’explique en partie par le fait qu’elles étaient tombées à un niveau plus bas que les autres secteurs pendant les années de crise. Le ratio commandes/chiffre d’affaires de l’hydraulique est d’ailleurs toujours supérieur à un en ce début d’année.

Répartition du volume d'affaire par profession. © Artema

Au total, les premiers résultats disponibles laissent penser que l’activité se stabilisera au même niveau au cours de l’année 2013. D’ores et déjà, les facturations ont été orientées à la baisse au cours du premier trimestre, particulièrement sur le marché français. « L’export demeure cependant un vecteur de croissance pour la profession », constate Laurence Chérillat. De fait, l’activité sur les marchés étrangers, et particulièrement à la grande exportation, se maintient, voire s’accroît en ce début d’année. Un signe important quand on sait que les adhérents d’Artema réalisent en moyenne 50% de leur chiffre d’affaires à l’exportation. Cette proportion grimpant même à 80 ou 90% pour certains d’entre eux.

Valeur ajoutée
Dans ce contexte, les effectifs de la profession – environ 28.000 personnes – devraient rester stables cette année. Et cela même si les départs à la retraite, toujours à un haut niveau, ne font pas toujours l’objet d’un remplacement immédiat. « La conjoncture du secteur se caractérise par une absence quasi-totale de visibilité. Les clients de la profession nous exposent toujours leurs projets, mais reste à savoir quand ceux-ci vont se concrétiser », constate Laurence Chérillat. De fait, les adhérents d’Artema commencent à percevoir quelques tensions de trésorerie chez leurs clients OEM. Notamment dans certains secteurs tels que l’automobile, particulièrement en Europe, et les travaux publics qui ont plongé dès septembre 2012 et dont les prévisions pour 2013 ne sont pas bonnes. A l’opposé, d’autres domaines présentent toujours des perspectives positives. C’est le cas de l’aéronautique, dont les programmes assurent une bonne visibilité à terme, du machinisme agricole, de l’agroalimentaire, des énergies traditionnelles, des mines et carrières et des machines en général, particulièrement à l’export dans ce dernier cas.

La distribution, quant à elle, après avoir subi une mauvaise année 2012, devrait au mieux enregistrer une activité stable en 2013. « D’une manière générale, les investissements marquent le pas en France », remarque encore Laurence Chérillat. « Pour autant, nuance-t-elle, nos adhérents ne font pas preuve de catastrophisme mais plutôt de prudence dans leur gestion qui doit s’adapter au jour le jour ». Les entreprises poursuivent néanmoins leurs efforts de recherche et développement, d’innovations et de mise au point de nouveaux produits. La déléguée générale d’Artema voit notamment un signe encourageant dans la montée en gamme des produits, générée tant par la valeur ajoutée importante amenée par la mécatronique que par l’amélioration de leurs performances énergétiques.

Dynamisme
Ce contexte particulièrement exigeant incite le syndicat professionnel à redoubler d’efforts pour mettre en place les conditions les plus favorables au développement de ses adhérents. « 2012 a constitué une période très active pour nous », remarque Laurence Chérillat qui se félicite du bon niveau de participation, des grandes sociétés comme des PME, aux réunions des différents groupes de travail et commissions. « Artema se distingue notamment par ce dynamisme qui s’explique par la nature même de nos professions. Nous sommes amenés à traiter avec de multiples clients et de multiples fournisseurs. Cette ouverture naturelle est propice aux échanges ».
Avec l’arrivée de trois nouveaux adhérents l’année dernière, Artema rassemble maintenant plus d’une centaine d’entreprises œuvrant dans les domaines de l’hydraulique, de la pneumatique, des transmissions mécaniques, de l’étanchéité, des roulements, des guidages linéaires et de la mécatronique. Un chiffre qui pourrait s’accroître dans un proche avenir dans la mesure où le groupe Mécatronique du syndicat a vocation à s’ouvrir à de nouveaux entrants tels que les fournisseurs de capteurs ou les fabricants de systèmes, par exemple.

Qu’ils soient nouveaux ou adhérents de longue date, les membres du syndicat se montrent particulièrement friands des tableaux de bord statistiques mis à leur disposition par la commission économique d’Artema. En témoignent les quelque 600 connexions mensuelles enregistrées par le nouvel extranet lancé en 2012. Début 2013, c’est une  synthèse mensuelle des opinions des entreprises sur le niveau de leurs carnets de commandes qui est venue s’ajouter à ces outils. Très appréciée, elle devrait faire l’objet d’une déclinaison par groupes dans un proche avenir. Parmi les nouveaux indicateurs prévus cette année : la répartition régionale du marché français des transmissions pneumatiques, la ventilation du marché français des roulements par grands secteurs clients ou encore le marché des réducteurs par type de produits. 
Les marchés étrangers ne sont pas oubliés puisqu’un nouvel outil statistique permet de recueillir les données concernant les importations et les exportations de quelque 51 pays.


Nouvelles formations
Au niveau de la formation professionnelle et du recrutement, sujets cruciaux dans la profession, la nouvelle commission Compétences et Formation d’Artema, constituée des responsables en ressources humaines des entreprises adhérentes, vient d’élaborer une cartographie des formations menant aux différents métiers couverts par le syndicat. En outre, une matrice de compétences est en voie d’achèvement qui permettra d’identifier quelque 48 métiers et les compétences nécessaires pour y accéder. A cela s’ajoute la réédition prévue fin 2013 du Guide des métiers, distribué dans 5000 CIO, lycées professionnels et lycées, et largement diffusé sur les salons et autres manifestations dans le but de faire découvrir aux jeunes les opportunités offertes par les professions des transmissions. Dans les domaines hydrauliques et pneumatiques, la mention complémentaire Maintenance, qui propose 400 heures de formation en alternance au niveau Bac + 1, connaît un nouvel essor notamment au lycée Savary de Wattrelos, centre de formation agrée Artema/Cetop.  Outre les sessions existantes, une formation de ce type pourrait aussi être lancée par le lycée de Saint-Pol-sur-Ternoise, dans le Pas de Calais. 

Par ailleurs, en collaboration avec le Greta de Haute-Marne et le Cetim, Artema va lancer la troisième session de formation de techniciens spécialisés en conception et fabrication de systèmes de transmission mécanique (800 heures sur 2 ans) destinée aux Bac + 2 ou aux collaborateurs en entreprises dans le cadre de la formation continue. 
A noter enfin, la mise sur pied d’une initiation aux transmissions mécaniques destinée à fournir en huit jours une base de connaissances pratiques aux personnels d’administration des ventes ou aux services de communication des entreprises. Une nouvelle session est prévue en septembre prochain. A ce panel technique s’ajoutent maintenant des formations orientées vers la gestion et le juridique sur des thèmes tels que « Les aspects juridiques des contrats », « Comment résoudre un problème ? » ou « Comment travailler avec la distribution industrielle ? » « Notre objectif n’est pas de doublonner les formations qui existent déjà par ailleurs, mais bien de répondre aux demandes concrètes des adhérents », précise Laurence Chérillat. 

Promotion et partenariats
Artema a également à cœur de promouvoir les technologies de ses adhérents. Pour ce faire, le syndicat a choisi d’insister sur leur performance énergétique dans le cadre d’un projet global piloté par son conseil d’administration. Un référentiel de mesure du rendement des transmissions mécaniques et hydrauliques est ainsi en cours d’élaboration en collaboration avec le Cetim. De premiers documents devraient être prêts dès le mois de novembre. Le but à terme étant d’aboutir à une norme internationale. Autres sujets prévus dans ce domaine : un guide des bonnes pratiques concernant les transmissions pneumatiques, de même que l’étude de la contribution de l’étanchéité et des roulements à la performance énergétique des systèmes avec, dans ces derniers cas, un focus sur la réduction des frottements. Les volets marketing et communication de l’opération porteront sur l’examen d’applications ayant contribué à l’optimisation des performances énergétiques et à l’édition, avec l’Ademe, d’une brochure visant à la promotion du savoir-faire français. Le plus souvent menées en commun avec d’autres intervenants, ces actions démontrent l’importance qu’attache Artema au travail collaboratif. C’est notamment dans cette optique que les différents accords de partenariats conclus par le syndicat (UTC de Compiègne, Polytech Annecy Chambéry, Thésame, UNM, Cetim) vont faire l’objet de reconductions. D’autres accords devraient être passés avec des intervenants en pointe dans le domaine de la mécatronique. Parmi les projets en cours, Artema est partie prenante, avec Polytech Annecy Chambéry, le Cetim et le laboratoire Symme, à la création d’une maison de la mécatronique à Annecy. Est également prévue, à l’automne 2013, l’inauguration d’une plateforme mécatronique à l’UTC de Compiègne. Artema entend aussi accentuer sa contribution à l’élaboration des normes et règlements internationaux. Qu’il s’agisse de la Directive européenne ERP (Energy Related Products) dont la dernière mouture est enfin conforme à ses souhaits, de l’impact environnemental des produits, avec un axe fort sur leur performance énergétique et leur recyclabilité, ou encore de la sécurité des systèmes de commandes mécatroniques, sujet sur lequel a été constitué un groupe dont le président et le secrétariat sont français…

Artema a conclu plusieurs accords de partenariat, notamment avec l'UTC de Compiègne. © Artema

Communication
Au-delà des aspects purement techniques, Artema entend aussi promouvoir les professions qu’il représente par le biais d’actions ciblées sur les jeunes. En témoigne sa participation active à la Semaine de l’industrie, ou encore à l’Aventure des métiers dans le cadre du salon Educatec en 2012. Un kart pneumatique à air comprimé a attiré de nombreux jeunes avec leurs professeurs et leurs familles. Une expérience qui sera renouvelée cette année. 2013 verra également Artema se lancer sur les réseaux sociaux. 
Enfin, la profession a renouvelé son attachement aux différents rendez-vous mis en place ces dernières années. A commencer par les JAM (Journées Artema de la mécatronique) dont la sixième édition est prévue pour 2014. Quant aux Rencontres IMA, lancées pour la première fois fin 2011, elles verront leur concept évoluer vers une convention d’affaires ouverte à toutes les entreprises, qui s’attachera à cultiver les aspects « business » et « convivialité » chers aux participants. Les entreprises qui le souhaitent pourront néanmoins présenter leurs solutions et leurs innovations sur un espace limité. Deux conférences « out of the box » enrichissantes et décalées seront organisées par Artema. La manifestation devrait être relancée au second semestre 2014, vraisemblablement sur Paris dans un premier temps. 

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