Une très belle année pour la profession

Avec une progression moyenne de 5%, la profession des transmissions de puissance a connu une très belle année 2017. L’année en cours continue sur cette lancée, quoiqu’à un rythme un peu plus modéré. Un accroissement de l’ordre de 3% est anticipé en 2018. Seuls soucis pour les entreprises du secteur : un allongement des délais de livraison et des problèmes de recrutement. Dans ce contexte, Artema continue de promouvoir les professions de ses adhérents et se remet continuellement en question en vue de répondre aux défis futurs qui les attendent.

«Une très belle année pour toute les professions d’Artema ! » C’est en ces termes que Laurence Chérillat qualifie le millésime 2017 pour les entreprises membres du syndicat des industriels de la mécatronique. « Aucun signal négatif n’a été à déplorer l’année dernière et tout est reparti en même temps », se réjouit la déléguée générale de l’organisation professionnelle. De fait, à la bonne santé de l’ensemble des secteurs clients s’est ajoutée la croissance enregistrée par toutes les zones géographiques du globe, sans exception. Ce qui n’a pu que bénéficier à une profession qui réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’exportation. L’année dernière, les ventes des adhérents d’Artema sur les marchés étrangers se sont ainsi accrues de 6%. Au total (France + exports), le chiffre d’affaires des professions d’Artema est passé de 7.371 millions d’euros en 2016 à 7.773 millions d’euros en 2017. Soit une progression de 5%, largement supérieure à celle des industries mécaniques en général (+ 3,3% selon les statistiques de la FIM). 

De bonnes perspectives
Toutes les professions ont contribué à ce résultat. La palme revenant au secteur des fixations qui a réalisé un bond de 10% l’année dernière du fait de la forte croissance de l’ensemble de ses marchés. A la faveur de l’automatisation des usines, de la robotisation et du vaste mouvement vers l’industrie du futur, les transmissions et automatismes pneumatiques poursuivent leur progression et enregistrent une croissance de 6%. 
Les transmissions hydrauliques s’inscrivent dans ce mouvement avec une progression de 6% également, conséquence de la bonne tenue des marchés du mobile (BTP, machinisme agricole, mines et carrières) et d’une reprise des investissements dans l’industrie. Dans ce dernier cas, après avoir été battu en brèche par les transmissions électriques sur certains types de machines (presses…), les transmissions hydrauliques repartent à la hausse, notamment par le biais des systèmes hybrides combinant hydraulique et électricité. Et les perspectives sont bonnes pour l’hydraulique. « A la fin de l’année 2017, l’indice commandes/chiffre d’affaires demeurait supérieur à 1, ce qui fait que l’on rentre davantage de commandes que l’on n’effectue de livraisons », constate Laurence Chérillat.
Le domaine de l’étanchéité s’est lui aussi distingué avec une progression de 6% en 2017, favorisée par le redémarrage du secteur Oil & Gas, de la chimie, des activités de process, de l’industrie en général et de l’aéronautique en particulier.  
La relance des projets miniers, pétroliers et gaziers, mais aussi la forte croissance de la robotique et de  la logistique, ont également bénéficié aux transmissions mécaniques qui se sont inscrites en hausse de 3% l’année dernière. Tandis que le même score était enregistré par les roulements et guidages linéaires, dont les grands marchés (automobile, OEM et, dans une moindre mesure, distribution) se sont fortement développés en 2017.

 Approvisionnements et délais
« La tendance se poursuit depuis le début de 2018, mais à un rythme plus modéré », remarque Laurence Chérillat. C’est ainsi que la profession anticipe une progression de 3% pour cette année. Cet objectif, qui semble réaliste compte tenu des signaux positifs envoyés par la quasi-totalité des secteurs d’activités, permettrait au chiffre d’affaires global des professions d’Artema de dépasser les 8 milliards d’euros cette année. 
« La réalisation de nos objectifs dépendra de la capacité des usines à produire et à livrer », analyse Laurence Chérillat. Car pour l’heure, les seuls problèmes auxquels les adhérents d’Artema sont confrontés concernent les difficultés d’approvisionnement en composants et en matières premières - dont les prix continuent de flamber - et l’allongement des délais de livraison qui en résulte. De nombreux investissements capacitaires ont été décidés ces derniers mois, mais il faut maintenant attendre leur traduction dans les faits. Par ailleurs, la profession s’interroge sur la part des commandes dévolue à la constitution de stocks de précaution. Une progression trop importante de ces derniers pourrait accentuer un éventuel retournement de la conjoncture…
Recrutement et formation
Autre souci, mais récurrent celui-là : le recrutement. Voilà de nombreuses années que les professions des transmissions de puissance peinent à trouver la main d’œuvre qualifiée dont elle a désespérément besoin pour faire tourner ses usines. Un problème qui devient particulièrement critique en période de haute conjoncture. Ce qui explique qu’Artema redouble d’efforts dans ce domaine. Sa commission Compétences et Formation, qui bénéficie d’un nouvel élan avec la nomination de Jérôme Bataille à sa présidence, vient ainsi de procéder à une enquête auprès des adhérents de l’organisation professionnelle afin de recenser leurs besoins en la matière. Artema travaille également de concert avec l’UIMM sur la certification de formations en hydraulique. Plusieurs CCPM (Certificats de compétences professionnels de la métallurgie) ont été inscrits à l’inventaire, les rendant finançables dans le cadre du CPF. « Ce travail collectif a démarré il y a plus d’un an et Artema est la première profession à avoir développé et mis en place ces CCPM », tient à faire remarquer Laurence Chérillat. De plus,  trois centres de formation en hydraulique sont certifiés Artema-Cetop  (Proméo, l’IFC et le Lycée Savary de Wattrelos). Les autres centres – membres associés d’Artema- pourraient suivre.

De nouveaux administrateurs et des adhérents supplémentaires

De nouveaux administrateurs d’Artema ont été élus en septembre 2017 :

  • Christophe Miocque (Atlanta Neugart France), président de la commission Communication,
  • Richard Brunet (Bosch Rexroth), président du groupe Transmissions Hydrauliques,
  • Jérôme Bataille (Poclain Hydraulics), président de la commission Compétences et Formation,
  • Mathieu Bruel (Schaeffler France), président de la commission économique. 
  • Par ailleurs, de nouveaux adhérents sont venus récemment rejoindre les rangs du syndicat professionnel. Il s’agit de Renk France, AFF Visserie, Auriol frappe à froid, Stacem , MP Filtri et Ugitech Saint Etienne, Tritech et BAFA en tant que membres associés. 

Artema étudie également la possibilité d’y associer les centres de formation propres aux entreprises adhérentes… Conscient de la nécessité de mobiliser toutes les compétences, le syndicat professionnel multiplie les accords de partenariats. Le dernier en date a été conclu avec Supméca en septembre dernier… L’attractivité des métiers, notamment auprès des jeunes, s’inscrit également dans ce contexte. Les différents guides édités par la Commission Compétences et Formation seront prochainement remis au goût du jour à cet effet. 
Enfin, les actions de communication et de promotion du syndicat se renforcent. En témoigne le dernier salon Global Industrie en mars dernier, qui a vu la participation de onze adhérents au village Artema tandis qu’une quinzaine d’adhérents exposaient « hors village » sur Smart Industries, au Midest ou sur Industrie.

 Adaptation et ouverture
Le rôle d’une organisation professionnelle telle qu’Artema se doit d’évoluer en permanence afin de répondre aux nouvelles donnes du marché. « Les attentes de nos adhérents évoluent et il est nécessaire de s’adapter et de se transformer », constate Laurence Chérillat. Deux grands axes de travail ont été définis pour les années 2018-2019. D’abord un renforcement de la proximité avec les adhérents, en multipliant les visites dans leurs usines et les rencontres sur les salons auxquels ils participent. « Malgré les e-mails qui leur sont adressés chaque semaine pour les informer sur notre actualité, les tableaux de bord statistiques diffusés à leurs services commerciaux ou encore les rendez-vous marchés proposés par la commission économique d’Artema, présidée par Mathieu Bruel (Schaeffler France), qui rencontrent toujours un beau succès, beaucoup de nos actions ne sont pas encore bien appréhendées. Nous allons donc multiplier les contacts directs avec nos adhérents à cet effet », affirme Laurence Chérillat. La récente visite des usines d’ARaymond (fixations) à Grenoble, par exemple, s’inscrit dans cette démarche. L’accroissement du nombre d’adhérents – 150 actuellement – est également en ligne de mire.

Chaque groupe professionnel devra ainsi définir un plan d’actions et développer ses propres argumentaires à cet effet. L’ouverture vers l’extérieur du syndicat doit aussi se poursuivre. Certains types de produits, tels que les capteurs par exemple, pourraient avoir vocation à rejoindre les rangs du groupe Mécatronique d’Artema à l’avenir. Des contacts sont également menés par le groupe Maintenance et Services avec certains bureaux d’études. Pour autant, ces différentes approches seront menées en veillant scrupuleusement à ce qu’un éventuel élargissement n’éloigne pas le syndicat de son cœur de cible.  « Artema est et demeurera centré sur les composants, systèmes et sous-ensembles mécaniques et mécatroniques », insiste Laurence Chérillat…

« Toujours en mouvement »
La création d’Artema Lab s’inscrit dans ce mouvement et vise à faire venir des partenaires spécialisés dans le domaine du numérique. Intégré au sein de Protrans, société commerciale d’Artema, Artema Lab, entre autres missions, établira des liens avec des start-up et organisera des ateliers thématiques sur des sujets très pointus, tels que l’intelligence artificielle, l’efficacité énergétique ou la maintenance prédictive, afin de faciliter la transmission du savoir, notamment vers les PME. « Ce projet structurant est en cours de lancement. Il a été établi en réponse à une demande de nos adhérents et sera piloté par le groupe mécatronique d’Artema, qui veillera à ce qu’il soit toujours bien ciblé sur nos professions », précise Laurence Chérillat. 
En outre, en réponse aux besoins d’adhérents souvent fort dépourvus dans ce domaine, Artema vient de mettre sur pied une commission juridique qui a pour objectif de leur fournir des formations juridiques adaptées et des outils pratiques sur des sujets aussi ardus que les conditions générales de vente, les relations clients-fournisseurs,  le Règlement général de protection des données (RGDP), la lutte contre la contrefaçon, etc...
De nombreux autres travaux incombent également à un syndicat professionnel tel qu’Artema. Ils concernent notamment le suivi des règlements (Reach, directive machine…), le respect des obligations inhérentes aux installations classées (déclaration, enregistrement, autorisation), l’économie circulaire, l’efficacité énergétique des systèmes - tels que le « Start and Stop hydraulique », par exemple - face à leurs concurrents électriques (une « barrière idéologique » qu’il convient de faire tomber, estime Artema), la normalisation  (en incitant les adhérents à participer activement aux commissions de l’ISO afin d’y défendre les positions françaises…) comme par exemple les normes sur la sécurité des systèmes de commandes (en privilégiant une approche unique et équilibrée entre des technologies de plus en plus souvent hybrides)…
« Toujours en mouvement » après dix ans d’existence, Artema se distingue par « un bel esprit collectif » qui fait la fierté de ses responsables. A commencer par son président, Didier Sepulchre, qui ne ménage pas ses efforts en vue de convaincre ses troupes de dépasser les problèmes de concurrence afin de faire face collectivement aux futurs défis. Parmi ceux-ci, la confrontation avec de nouvelles concurrences (Chine…), l’irruption du numérique dans les usines ou le renforcement de l’attractivité des métiers auprès des jeunes générations qui arrivent sur le marché…

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