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Mécatronique : les JAM prennent leur rythme de croisière

Les Journées Artema de la Mécatronique (JAM) viennent de connaître leur cinquième édition au cœur de la vieille ville d’Avignon. Le succès de cette formule ne s’est pas démenti depuis son lancement en 2008 et les membres du syndicat des industriels de la mécatronique ont une nouvelle fois répondu présent. Lieu d’échange et de partage d’expériences, ces nouvelles journées ont notamment permis aux responsables de la profession de réaffirmer la vocation et les objectifs du syndicat professionnel et de tracer le cap pour les années à venir.

 « Défense des technologies », « agir sur son environnement », « répondre aux attentes des différents groupes professionnels », « échanger et informer »… Bruno Grandjean, a mis à profit la tenue des cinquièmes « JAM » (Journées Artema de la Mécatronique) pour rappeler les objectifs d’un syndicat professionnel qui souhaite avant tout « apporter des réponses concrètes aux préoccupations de ses adhérents ».

Réinventer la mécanique
« Le syndicat des industriels de la mécatronique se porte bien et vient d’enregistrer l’arrivée de plusieurs nouveaux adhérents », a déclaré d’emblée le président d’Artema, prenant à témoin les nombreux responsables d’entreprises venus participer à cette manifestation. « On n’a jamais autant parlé d’industrie qu’en ce moment, constate-t-il. Or, nos professions se situent au cœur du renouveau de l’industrie. Nous devons donc faire preuve de toujours plus de compétitivité et d’innovation afin de réinventer la mécanique. Et cela, c’est l’objet même de la mécatronique ! » C’est dans ce contexte qu’Artema souhaite défendre et  promouvoir les technologies qu’il représente. A titre d’exemple, Bruno Grandjean a notamment cité la Directive Eco-conception qui préconisait à l’origine le tout électrique comme solution universelle. L’action menée par le syndicat professionnel, avec l’appui du Cetop et d’Eurotrans au niveau européen, a permis d’infléchir le projet et de faire prendre conscience que le choix d’une  technologie ne doit pas dépendre d’une loi mais résulter de sa capacité à résoudre les besoins des clients. Elle a notamment abouti à l’adoption de règles d’évaluation respectueuses de toutes les technologies en présence, notamment les transmissions mécaniques, hydrauliques et pneumatiques. Dans le prolongement de cette action, Artema s’est fortement impliqué dans les travaux de normalisation du groupe de travail WG 12 de l’ISO TC 39 sur la réduction des consommations énergétiques sur les machines-outils afin d’éviter toute stigmatisation d’une technologie par rapport à une autre. La défense des technologies passe également par la réduction de l’impact environnemental des produits. Désireux, là aussi, « d’agir plutôt que de subir » et conscient que la performance environnementale est devenue un critère essentiel pour les utilisateurs finaux, Artema a mis sur pied un Comité de pilotage dans le but d’aboutir, à terme, à l’élaboration d’un véritable « kit d’outils environnementaux » comprenant normes, bases de données sur les impacts carbone, outils de calculs, fiches produits, etc…

Réseau mécatronique
Cette participation active aux travaux de normalisation menés au niveau international prouve que le syndicat des industriels de la mécatronique « souhaite se positionner en tant qu’acteur de son environnement » pour reprendre les termes de Bruno Grandjean, qui se félicite du fait qu’Artema se soit hissé dans le peloton de tête des syndicats les plus actifs de la Fédération des industries mécaniques (FIM).
Il en veut pour preuve la soixantaine de réunions organisées chaque année par ses sept groupes professionnels (Etanchéité, Eléments de transmissions mécaniques, Mécatronique, Réducteurs et engrenages, Roulements et guidages linéaires, Transmissions hydrauliques, Transmissions pneumatiques), ses groupes de travail techniques, son conseil d’administration et ses quatre commissions (Communication, Compétences et formation, Economie, Technique)…

Le président d’Artema se réjouit également de la forte implication du syndicat au niveau européen et constate que ce sont deux français, Etienne Piot et Gilles de Juvigny, qui président respectivement le Cetop - le Comité européen des transmissions oléohydrauliques et pneumatiques, qui vient de fêter son 50ème anniversaire - et Eurotrans, son alter ego pour les transmissions mécaniques. En outre, Artema agit au sein d’un « réseau mécatronique », véritable « maillage multi-compétences » qu’il n’a eu de cesse d’enrichir au fil des années.

En témoignent les accords de partenariat conclus avec le Cetim (Centre techniques des industries mécaniques), Thesame, premier réseau européen dédié à la mécatronique, l’UNM (Union de normalisation de la mécanique), l’UTC (Université de technologie de Compiègne) et Polytech Annecy-Chambéry. La mise en place de veilles marchés et technologiques, la création de deux normes mécatroniques, le renforcement des liens écoles/entreprises ou encore le lancement de travaux sur la conception et la fiabilité des systèmes mécatroniques s’inscrivent, entre autres, parmi les actions concrètes menées dans le cadre de ces partenariats.

Sous le signe de l’innovation… inverse !

Organisées les 27 et 28 septembre dernier à Avignon, les cinquièmes Journées Artema de la Mécatronique (JAM) ont vu la participation de quelque 80 représentants des entreprises adhérentes et de plusieurs étudiants de l’UTC Compiègne et de Polytech Annecy-Chambéry. Cette année, c’est l’innovation inverse qui a tenu lieu de fil rouge. Différents ateliers et conférences plénières ont ainsi eu à débattre de ce thème qui définit le processus de développement de produits selon des modèles « sobres » afin de satisfaire les besoins des pays émergents tout en respectant leur capacité de financement et d’exploitation. Il n’est pas rare que ces produits reviennent ensuite dans les pays industrialisés, répondant ainsi à de nouveaux besoins. Exemples types : la Logan de Renault ou le système d’auscultation de General Electric… L’intervention de Thierry Burger-Helmchen, Doyen de la faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université de Strasbourg, sur « les nouveaux modes d’innovation » est venue apporter un éclairage intéressant à cet égard. Outre cette thématique, le programme des JAM 2012, particulièrement riche cette année, a fait la part belle à la performance énergétique avec une table-ronde qui a permis de tracer quelques pistes sur la meilleure façon de mettre à profit cette tendance de fond pour valoriser les technologies couvertes par Artema. Autre point fort de ces journées, la présentation de projets mécatroniques conçus par les étudiants de l’UTC de Compiègne (une navette urbaine hybride hydraulique) et de Polytech Annecy-Chambéry (un préhenseur digital) qui, outre leur intérêt sur le plan technique, apportent une nouvelle preuve des efforts déployés par le syndicat des industriels de la mécatronique  pour promouvoir ses métiers en direction des jeunes et préparer le futur pour des professions encore trop méconnues. « C’est également une des raisons d’être des JAM que de se projeter dans l’avenir », affirme Bruno Grandjean, président d’Artema.

Les 5èmes Journées Artema de la Mécatronique ont donné au syndicat l’occasion de réaffirmer sa vocation à répondre aux attentes des différentes professions qu’il représente.

Plusieurs professions
Les 5èmes Journées Artema de la Mécatronique ont également donné au syndicat l’occasion de réaffirmer sa vocation à répondre aux attentes des différentes professions qu’il représente.  Parmi les dernières actions impulsées, les transmissions mécaniques ont ainsi bénéficié de la mise en place de statistiques sur le marché français des réducteurs et multiplicateurs. En outre, deux formations relatives aux transmissions mécaniques ont été lancées en partenariat avec le Greta Haute-Marne, tandis qu’au niveau européen, Artema a soutenu Eurotrans dans l’élaboration d’une formation « Gear Design et Engineering » de niveau master. Les entreprises du groupe Etanchéité, quant à elles, ont bâti une charte relative à l’éthique professionnelle, la qualité et la maîtrise des technologies, l’innovation, l’environnement et la sécurité, et l’amélioration continue. Le groupe Mécatronique s’est particulièrement préoccupé de la fiabilité des systèmes, aboutissant notamment à la mise en place d’outils méthodologiques d’évaluation ainsi que d’un module de formation destiné principalement aux PME d’Artema. L’actualité récente du groupe Roulements et Guidages linéaires a été marquée par la rédaction de nouveaux arrêtés de prescriptions concernant le « travail des métaux et alliages » et le « nettoyage/dégraissage », ainsi que par le lancement d’une campagne mondiale de lutte contre la contrefaçon par la WBA (World Bearing Association). Dans le domaine des transmissions hydrauliques, les centres de formation IFC, MXL et Sodhyp ont vu leurs agréments Cetop/Artema renouvelés et ont été rejoints par le lycée Savary de Wattrelos (59), premier établissement public délivrant un diplôme européen de technicien oléo-hydraulique. Des journées techniques sur l’efficacité énergétique et les biolubrifiants ont, par ailleurs, été organisées en partenariat avec le Cisma et Axema. Enfin, le groupe Transmissions pneumatiques s’est attaché à affiner les statistiques de la profession et a poursuivi son action concernant la sécurité des systèmes de commandes dans le but de fusionner les deux normes actuelles en une seule, appelée à devenir un atout de compétitivité pour les fabricants européens de machines et leurs fournisseurs de composants…

Communication et promotion
Afin de donner à l’ensemble de ses actions le maximum de chances de porter leurs fruits, Artema met en œuvre plusieurs vecteurs de communication et de promotion. Au-delà du nouvel extranet personnalisé, qui permet à chacun de ses adhérents d’accéder rapidement aux informations qui lui sont directement utiles, de nombreuses actions sont dirigées vers l’extérieur, notamment auprès des jeunes qui représentent l’avenir de professions encore trop peu connues. Pour y remédier, la commission Compétences et formation, constituée des responsables des ressources humaines des entreprises adhérentes, a décidé de recenser les formations menant aux différents métiers d’Artema, lister les compétences requises à chaque niveau, identifier les besoins futurs de ses adhérents et promouvoir l’apprentissage auprès des jeunes. D’autres actions ont été menées en direction du monde éducatif, qu’il s’agisse d’une participation à un colloque de la FIM sur le thème « Choisir la mécanique, des métiers d’avenir », ou encore de la promotion de la mécatronique auprès des jeunes dans le cadre de la semaine de l’industrie. Avec les clients et les institutionnels, les jeunes constitueront en outre une des cibles prioritaires de la campagne de promotion d’une durée de trois ans lancée par la FIM avec la participation d’Artema sur le thème « Concevoir et produire en France dans une économie globalisée pour un monde durable ».Quant aux rencontres IMA (Innovative Mechatronics Automation) organisées pour la première fois fin 2011 et début 2012 en partenariat avec le Gimelec sous la forme de manifestations itinérantes comprenant espaces de rencontres, tables rondes, conférences techniques et site web, il a été décidé de les renouveler dès le début de l’année 2014 en apportant les améliorations nécessaires au concept initial. Une rencontre thématique sera organisée au cours du premier semestre 2013 afin de créer un trait d’union entre les deux éditions. 

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